Testicules et cerveau : si différents... et pourtant si semblables

Dernière mise à jour: juillet 2021
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news Etrangement, le cerveau et les testicules partagent une série de points communs qui en font peut-être les organes les plus similaires du corps humain sur le plan biochimique.

Une série de travaux ont déjà mis en évidence des similarités entre le cerveau et les testicules, et leur compréhension ainsi que leurs implications sont devenues un réel centre d’intérêt pour les scientifiques. Ainsi, une association a été suggérée entre le degré d’intelligence et la qualité du sperme, alors qu’on rapporte une relation entre certains troubles mentaux et testiculaires.

Une équipe portugaise (Universidade de Aveiro) a approfondi la question jusqu’à l’échelle moléculaire. En comparant les fonctionnalités moléculaires, les chercheurs ont pu démontrer que les tissus cérébraux et testiculaires partagent de nombreux points communs, en particulier la production d’un grand nombre de protéines identiques. La plupart d’entre elles sont impliquées dans le développement tissulaire et la communication. Les deux organes consomment aussi énormément d’énergie, l’un pour assurer les fonctions cognitives, l’autre pour produire chaque jour des millions de spermatozoïdes.

Pourquoi tant de points communs ?

Les auteurs insistent aussi sur l’importance tant pour le cerveau que pour les testicules du processus d’exocytose, c’est-à-dire le mécanisme par lequel une cellule expulse des molécules ou des particules via sa membrane : ceci assure la communication entre les cellules cérébrales - expulsion des neuromédiateurs depuis les neurones - et permet la reproduction - le matériel génétique déplacé par les spermatozoïdes et relâché dans l’ovule. Les spécialistes pointent encore des récepteurs moléculaires similaires et des voies de signalisation très proches, tout ceci en lien très étroit avec des protéines intimement liées aux gènes, eux aussi largement similaires.

Quant à savoir la raison pour laquelle le cerveau et les testicules partagent tant de caractéristiques biochimiques, les auteurs n’ont pas de réponse claire. Ils renvoient en partie au processus de spéciation (par lequel l’être humain a évolué et s’est distingué d’autres espèces à partir d’ancêtres communs), mais ils appellent surtout à des études encore plus approfondies. Celles-ci permettront de contribuer à une meilleure compréhension des dysfonctionnements affectant le cerveau et les testicules, avec l’implication de protéines similaires, et au développement de stratégies thérapeutiques.

Voir aussi l'article : Vidéo - Le fonctionnement du testicule

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