Notre cerveau préfère les additions aux soustractions

Dernière mise à jour: juin 2021
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news Lorsqu’il s’agit de procéder à un changement, qu’il s’agisse d’une idée, d’un objet ou d’une situation, nous rencontrons beaucoup de difficultés à simplifier. En fait, notre cerveau préfère rajouter plutôt que soustraire.

Un concepteur cherche à améliorer une technologie, un écrivain souhaite renforcer un argument, un directeur veut encourager certains comportements : tous ces cas exigent un (gros) effort mental pour trouver les meilleures options. Dans la vie quotidienne, ceci se produit jour après jour. Question posée par cette équipe américaine (université de Virginie) : lorsque nous considérons les modifications possibles, dans quelle mesure sommes-nous enclins plutôt à ajouter ou plutôt à soustraire des éléments ?

Un moindre effort pour le cerveau

En fait, afin de nous faciliter la tâche, nous n’envisageons qu’un nombre limité de possibilités qui nous semblent prometteuses. Ceci présente un avantage : l’allègement de l’effort demandé au cerveau. Inconvénient : nous acceptons des solutions qui nous paraissent adéquates, sans cependant analyser des alternatives potentiellement supérieures. Ce qui est montré ici, c’est que la tendance spontanée, quand on choisit une option, va vers l’addition plutôt que la soustraction.

Les chercheurs ont réalisé huit expériences dont les conclusions tendent en ce sens.

• Ainsi, un recteur d’université a demandé à ses professeurs et à ses étudiants d’avancer des idées d’amélioration du fonctionnement de l'établissement : 89% des réponses étaient favorables à ce qu’on ajoute quelque chose, plutôt que de soustraire.

• Autre exemple, cité par Futura Sciences : lorsqu’on leur demande de retoucher un texte, 83% des participants ajoutent des mots ou des arguments, alors qu’une simplification aurait pu être au moins aussi efficace.

• Ou encore, quand il s’agit d’améliorer la recette d’un plat composé de cinq éléments, on rajoute en moyenne deux ou trois ingrédients ou quantités d’ingrédients.

Certains tests ont porté sur des concepts géométriques plus abstraits : même résultat.

Enlever, c'est une perte

Lorsque la soustraction apparaît comme la solution évidente, notre cerveau l’accepte sans trop de difficultés. Mais quand plusieurs options sont disponibles, quand la différence entre les avantages de l’addition et de la soustraction n’est pas claire, ou quand nous sommes sous pression cognitive (mentale), dans ce cas, nous privilégions quasiment toujours l’addition. Pourquoi ? Sans doute parce que les idées additives viennent plus rapidement et plus facilement à l’esprit, et que pour nous faciliter la vie, nous avons tendance à privilégier les idées qui nous viennent en premier.

Par ailleurs, le cerveau humain est sans doute moins disposé à accepter d’enlever, considérant que ceci équivaut à une perte, à un échec. Les auteurs suggèrent que ceci pourrait être une explication psychologique à nos emplois du temps surchargés, à la complexification de la paperasserie administrative, et même aux dommages que nous causons à notre environnement parce que nous en voulons toujours plus.

Voir aussi l'article : Comment peut-on vivre avec un demi-cerveau ?

Source: Nature (www.nature.com) via Futura Sciences (www.futura-sciences.com)
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