Communiquer avec les morts : réalité ou hallucination ?

Dernière mise à jour: mars 2021 | 4721 visites
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news Certaines personnes affirment pouvoir communiquer avec les défunts, en fait entendre les voix des esprits. On peut y croire, mais on peut aussi considérer que ceci relève d’une association complexe entre des traits psychologiques.

On parle de clairaudience, c’est-à-dire une faculté d’audition paranormale, lorsqu’un individu affirme pouvoir établir un contact auditif avec les morts, qui donneraient des informations sur le futur (précognition) ou sur le passé (rétrovision). Certains de ceux qui indiquent disposer de ce don surnaturel le mettent au service des proches du défunt : ce sont les séances de spiritisme conduites par les médiums. Une partie d’entre eux le font de manière désintéressée, d’autres facturent leurs services.

Une forte adhésion aux croyances spirituelles

Une équipe britannique (université de Durham) s’est penchée sur le profil de ces spirites, dont elle a analysé une série de traits psychologiques afin d’en déterminer les plus distinctifs par rapport à la population générale. Des membres d’une congrégation de médiums (The Spiritualist’s National Union) ont participé à cette étude, qui a abordé la nature et la fréquence des communications avec l’au-delà, ainsi qu’une série de paramètres mentaux comme les croyances paranormales, les aspects de l’identité, la sensibilité aux hallucinations... Une attention particulière a été accordée à l’absorption, à savoir la disposition à être absorbé par son imagerie mentale (expériences ou pensées), un trait fortement corrélé aux fantasmes et aux états de conscience modifiée (dont la transe, caractéristique chez les médiums).

L’analyse des données met en évidence deux éléments qui distinguent fortement les spirites : la tendance aux hallucinations auditives et un degré élevé d’absorption. On observe aussi une forte adhésion aux croyances spirituelles, qui relèvent de la religion. Les spécialistes en déduisent que cette communication avec les morts relève de l’expérience religieuse, soutenue par des traits mentaux spécifiques.

On ne parle pas de maladie mentale au sens strict : les hallucinations auditives n’ont pas le caractère pathologique d’un symptôme de la schizophrénie, par exemple. Elles sont souvent vécues pour la première fois à un âge jeune (adolescence), et il s’agit d’une des raisons majeures qui incitent l’individu à s’intéresser au spiritisme. A partir de là, les traits mentaux renforcent les convictions...

Voir aussi l'article : Voyantes et médiums : réels pouvoirs ou vraie arnaque ?

Source: Mental Health, Religion and Culture (www.tandfonline.com/toc/cmh)
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