Eaux usées : trop de polluants résistent aux stations d’épuration

Dernière mise à jour: janvier 2021
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news Lors du traitement des eaux usées, l’élimination des micropolluants est incomplète : certains restent présents dans les eaux rejetées dans l’environnement. Avec quelles conséquences pour les milieux aquatiques et la santé humaine ?

Les eaux usées contiennent une très grande variété de micropolluants qui ne sont pas complètement éliminés lors des traitements d’épuration. Ces micropolluants sont des substances qui entrent dans la composition de produits d’usage domestique, médical, industriel ou agricole. Ils sont donc liés aux activités humaines.

Les micropolluants organiques (composés aromatiques, hormones, résidus de médicaments, pesticides…) ont des effets reconnus sur les organismes vivants, certains étant déclarés comme perturbateurs endocriniens ou cancérigènes.

Les micropolluants inorganiques (principalement des métaux) peuvent avoir des effets néfastes sur la santé : certains cancers, atteintes du système nerveux, troubles digestifs…

Une équipe française (Institut national de la recherche agronomique) a évalué l’impact potentiel d’une centaine de micropolluants sur la santé humaine et les milieux aquatiques. Les effets relevés ici ne sont donc que partiels, puisque bien plus de types de micropolluants se retrouvent dans les eaux usées.

Menace sur les espèces aquatiques

Premier élément : les chercheurs estiment que les micropolluants organiques évalués dans cette étude engendrent la disparition d’une espèce aquatique tous les dix ans. Les substances les plus significatives qui participent à ce phénomène : la cyperméthrine (un pesticide), un PCB, un type d’œstrogène (une hormone) ou encore l’amoxicilline (un antibiotique). Les conséquences des micropolluants organiques pour la santé humaine sont plus difficiles à évaluer précisément. Les spécialistes ont calculé une valeur d’impact relativement faible, en raison d’une faible exposition directe aux molécules (particulièrement grâce aux traitements effectués pour rendre l’eau potable) et de l’absence d’études et de données chiffrées sur le lien entre la santé humaine et les micropolluants présents dans les rejets des stations d’épuration.

Concernant les micropolluants inorganiques (les métaux), l’impact sur la santé humaine et les milieux aquatiques a pu être évalué avec des valeurs relativement fortes, en particulier l’arsenic et le zinc pour la santé humaine, et l’aluminium et le fer pour les milieux aquatiques. Néanmoins, ces éléments étant naturellement présents dans l’environnement, il reste difficile de faire la part des choses entre leur origine naturelle et humaine.

Ce travail montre en tout cas que certaines substances réglementées, voire interdites, se retrouvent encore dans les eux rejetées par les stations d’épuration du fait de leur très longue persistance. Les auteurs commentent : « Cette persistance dans le milieu, ainsi que le très grand nombre de substances impliquées, posent la question de l’opportunité de traitements dédiés dans les stations d’épuration, en complément des actions de réduction à la source. Ces traitements, dont l’efficacité et le coût sont à bien prendre en compte, pourraient permettre de réduire la quantité de micropolluants présents dans nos eaux usées et aujourd’hui directement rejetés au milieu naturel ».

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