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Victimes de racisme : quels effets sur la santé ?

Dernière mise à jour: août 2020 | 2062 visites
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news Si on en sait beaucoup sur la fracture sociale créée par le racisme, on connaît relativement peu de choses sur ses effets sur la santé de ceux qui en sont victimes.

Les personnes issues de l'immigration sont plus susceptibles de prendre du retard à l'école et de rencontrer des difficultés à trouver du travail et un logement. Le racisme se manifeste dans des expressions graves, comme les crimes et les messages de haine, et sous des formes plus insidieuses, comme les stéréotypes, les préjugés et l'exclusion. Tout comme la violence physique et verbale, ces éléments peuvent gravement nuire à la santé en la détériorant progressivement.

Maladie socialement transmissible


Aux États-Unis, la recherche sur les effets du racisme sur la santé est beaucoup plus avancée qu'en Europe. Dans une récente déclaration, l'Académie américaine de pédiatrie a même qualifié le racisme de « maladie socialement transmissible ».

Le racisme affecte les minorités ethniques avant la naissance. Par exemple, des études montrent que les mères victimes de discrimination sont plus à risque d'avoir un enfant de faible poids à la naissance. Les expériences de racisme peuvent également affecter profondément les enfants en pleine croissance, que le racisme soit dirigé contre eux-mêmes ou contre leurs parents, et causer des problèmes de comportement. Avoir le sentiment stressant de vivre dans un monde menaçant peut conduire les enfants à être constamment sur leurs gardes, ce qui est mauvais pour leur développement.

Stress chronique


Il existe de plus en plus de preuves qu'une exposition persistante au racisme peut conduire à des troubles sévères. Des expériences négatives répétées peuvent avoir de lourdes conséquences au cours de la vie sous forme de stress chronique, qui peut provoquer des troubles hormonaux et des infections.

Des études montrent que le stress chronique peut contribuer à la dépression, à l'anxiété, à l'insomnie, aux maladies cardiaques, aux éruptions cutanées et aux troubles gastro-intestinaux. Le racisme quotidien et structurel peut également conduire à une image de soi négative et à un stress post-traumatique.

En Belgique, certaines recherches montrent que les plaintes dépressives majeures et l'anxiété sévère sont plus fréquentes dans les groupes minoritaires. La coalition NAPAR, pour un plan interfédéral belge de lutte contre le racisme, composée d'une cinquantaine d'organisations issues de la société civile, a déjà fait des propositions d'action. Elle estime, entre autres, que la part de responsabilité du racisme dans les plaintes psychologiques ou physiques devrait être étudiée dans le cas de demandes de soins émanant de personnes issues de l'immigration.


publié le : 05/08/2020 , mis à jour le 04/08/2020
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