Stop au cancer du côlon

Dernière mise à jour: septembre 2019 | 4360 visites
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Cancer du côlon : le verdict est tombé… Une pathologie qui, malheureusement, touche encore quotidiennement trop de personnes. Saviez-vous que chaque Belge a 5% de chance, c’est-à-dire, 1 chance sur 20, d’être confronté au cours de sa vie avec à cette maladie. Saviez-vous qu’en Belgique, chaque année, plus de 8.000 personnes apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer du côlon (cancer colorectal) ? Donc en moyenne 23 personnes par jour ! Chaque année, 3.600 Belges meurent d’un cancer du côlon. Cela signifie que chaque jour 10 familles en Belgique perdent un proche du cancer du côlon. Cela fait 10 funérailles par jour des suites du cancer colorectal. Des chiffres qui dans un « État-providence » comme la Belgique sont en fait totalement inacceptables. On peut et on doit absolument faire mieux. En fait, plus aucune excuse n’est valable. Les temps du énième “livre blanc” ou de la Xième table ronde sont bel et bien révolus. Fini de parlementer. Il est désormais urgent d’agir ! Des actions pour informer et sensibiliser le grand public sur la problématique du cancer du côlon sont essentielles.
C’est en 2018 que les derniers chiffres au niveau mondial ont été publiés. On dénombrait près de 2 millions de nouveaux cas de cancer colorectal par an et presque 900.000 décès annuellement. Le cancer du côlon arrive, en terme de taux de mortalité, en seconde place après le cancer du poumon. Les prévisions pour 2025 ne voient malheureusement qu’une recrudescence du nombre de cas… Et, cela n’est pas exclusivement imputable au vieillissement de la population.
En Europe, ce sont environ 200.000 personnes qui meurent chaque année du cancer du gros intestin. Le cancer de l’intestin grêle est heureusement très rare. Lorsque l’on parle d’un cancer de l’intestin, on se réfère donc à celui du gros intestin ou du côlon. L’OMS (Organisation mondiale de la Santé) considère que le cancer du côlon (colorectal) est la pathologie ‘idéale‘ qui peut être détectée précocement. Le cancer du côlon correspond d’ailleurs aux critères auxquels une maladie doit satisfaire pour être prise en compte pour un screening ou dépistage. Et, il s’agit de plus de la forme de dépistage au ratio coûts-efficacité le plus élevé par rapport à d’autres cancers. Ce qui n’est pas négligeable en ces temps économiquement difficiles.
La Commission européenne avait, déjà, en 2003 (!) établi une directive qui définissait que toutes les femmes et les hommes à partir de 50 ans devaient avoir la possibilité de participer à un programme de dépistage du cancer du côlon. Quinze ans plus tard, moins de 20% des Européens qui sont englobés dans ce “groupe-cible” sont “en ordre” avec leur dépistage du cancer du côlon.



Genèse

Le cancer du côlon se développe presque toujours à partir d’un petit polype (bénin) qui, au début, n’affiche seulement une taille que d’un demi cm à un cm. Il s'écoulera un certain nombre d’années avant qu’un tel polype ne se transforme éventuellement en un polype de plus grande taille ou en une tumeur maligne. Heureusement, ce n'est qu’une minorité de polypes qui se transforme jusqu’à donner un cancer du côlon. Ce processus peut prendre entre 8 à 10 ans. C’est donc, heureusement, sur une très longue période que la maladie peut évoluer. On peut se baser sur ces caractéristiques pour diagnostiquer précocement des polypes ou un cancer du côlon. Le temps n’est donc pas compté mais à partir d’un certain âge, il est vivement conseillé de garder ces données à l’esprit. Vous pouvez ainsi, à partir de vos 50 ans, inscrire sur votre liste de “to do” qu’un test de dépistage du cancer du côlon s’impose. Votre généraliste vous aidera certainement dans cette démarche. N’oubliez pas non plus que le cancer du côlon ne fait aucune distinction entre hommes et femmes. Contrairement au cancer du sein ou à celui de la prostate, le cancer du côlon touche les deux sexes. Certes, peut-être un peu plus fréquemment les hommes que les femmes mais ces différences ne sont pas marquantes voire, significatives.

La cause

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Ceci est bien entendu « la question à un million de dollars » ! Il s’agit d’une situation très complexe que j’aime comparer à un puzzle. Nous avons déjà découvert plusieurs pièces du puzzle, dont certaines très importantes mais la pièce centrale, la plus importante reste manquante. Quoique… Il est déjà connu depuis longtemps que l’âge, le surpoids, un mode de vie qui n’est pas sain, la sédentarité sont quelques-unes des pièces de ce puzzle. Des facteurs héréditaires qui n’ont pas encore été identifiés jouent certainement un rôle. Des recherches en la matière sont d’ailleurs actuellement menées de façon intensive au niveau mondial. La pièce principale du puzzle pourrait bien se trouver dans notre propre organisme. Notre flore intestinale qui dévoile de plus en plus ses secrets joue certainement un rôle crucial dans le développement du cancer du côlon. Il s’agit, ici aussi, d’un processus très complexe bien que les schémas semblent devenir de plus en plus clairs. Pourquoi une personne attrape-t-elle un polype et une autre pas ? Cela pourrait être imputable à certains microbes présents dans l’intestin. On en est déjà au stade où certains microbes intestinaux revendiquent le rôle principal dans la genèse d’un cancer du côlon. Le ‘Fusobacterium nucleatum’ est l’un de ces microbes. Presque chacun d’entre nous est porteur de ce type de microbes : dans ses gencives…mais le chemin est encore long jusqu’au gros intestin et… jusqu’au développement d’un cancer du côlon. Je m’attends dans les années à venir à d’importantes percées dans la résolution de ce puzzle !

Hérédité ou aspect familial

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Peu de personnes savent ou comprennent que seule une minorité des cas de cancer du côlon a une origine familiale ou un aspect héréditaire. On considère que cela représente environ 20% des cas. La majorité – c’est-à-dire les autres 80%. – de personnes qui sont atteintes d’un cancer du côlon ne présentent aucun antécédent familial de ce type de cancer. C’est ce qu’on appelle communément « les cas sporadiques ». Je plaide pour les qualifier de « cas isolés ». Il est erroné de croire que votre risque de souffrir d’un cancer du côlon est infime ou très faible si dans votre famille personne n’a ou ne souffre d’un cancer du côlon. Lorsqu’on affirme que vous avez 1 chance sur 20 d’être un jour confronté au cancer du côlon, cela signifie également que vous avez 19 chances sur 20 de ne pas en être atteint ! Et, ce taux est aussi très élevé. Mais le cancer du côlon ne se résume pas qu'à des statistiques, à une loterie mais bel et bien à une réalité rude et cruelle. Pour savoir si vous allez appartenir à ce grand groupe, il vous suffit de faire un tout petit effort : faire analyser vos selles. C’est la raison pour laquelle il est important à partir d’un certain âge de faire un dépistage préventif (‘screening’) du cancer colorectal. 

On dit souvent que le cancer du côlon est une maladie qui touche les « plus de 50 ans ». Cela peut-être en partie vrai mais vous ne pouvez pas perdre de vue qu’environ 15% des personnes qui souffrent d’un cancer colorectal ont moins de 50 ans. Et, malheureusement cette catégorie a tendance à augmenter ces dernières années. Plusieurs études ont d’ailleurs, ces dernières années, démontré ces données. Les causes sont inconnues. Nous devons donc impérativement davantage tenir compte de ce groupe de jeunes personnes. Je n’ai dès lors pas été totalement surpris que la Fondation américaine contre le Cancer ait suggéré l’an dernier d’abaisser l’âge minimum pour le seuil de dépistage à 45 ans. Bien qu’il ne s’agisse pas encore d’une directive européenne, je peux très bien le comprendre. De plus en plus d’entreprises offrent à leur personnel de faire le test de dépistage à partir de 45 ans, une initiative que je ne peux que saluer.

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Les signaux d'alarme

L’ennui avec le cancer du côlon est qu’il est au début asymptomatique. De là, qu’il est souvent surnommé le ‘tueur silencieux’ ou ‘silent killer’. La présence d’une petite grosseur bénigne ou d’un polype est au début tout à fait asymptomatique. Vous ne sentirez rien, ne remarquerez même rien. Lorsque le petit polype grandira lentement, il finira à un moment donné par commencer doucement à saigner. La quantité de sang étant tellement faible qu’elle est invisible à l’oeil nu. Les selles semblent tout à fait normales. Vous ne ressentez aucune douleur dans le ventre et pourtant ce sont précisément ces premiers signes d’alerte que nous devons essayer de détecter. En terminologie médicale, c’est ce qu’on qualifie de ‘sang occulte’ voire, de sang invisible à l’œil nu. Ce n’est que bien plus tard que des plaintes classiques vont apparaître : douleurs abdominales persistantes ou crampes abdominales, fausse envie d’aller à la selle, changement dans les habitudes des selles, sang dans les selles facilement visible à l’œil nu. Fatigue, anémie, perte de poids apparaissent souvent à un stade ultérieur. Toutefois, lorsqu’une personne souffre des symptômes susmentionnés, cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit atteinte d’un cancer du côlon ! De tels symptômes peuvent dénoncer d’autres maladies sous-jacentes mais il convient tout de même de consulter un généraliste ou spécialiste, surtout si les symptômes susmentionnés persistent plus de 6 à 8 semaines. Ne pratiquez pas la politique de l’autruche en vous voilant la face. Vous ne devez pas vous sentir gêné d’en parler avec votre médecin.

Le test

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Il existe un test qui permet de détecter d’une façon ultra-facile le sang occulte dans vos selles: le test iFOB (NdlR : Il s’agit du test immunologique pour Immunological Faecal Occult Blood). Il s’agit en fait de rien de plus qu’une petite brosse que vous devrez tourner en plusieurs endroits dans vos selles. On l’appelle également souvent le “test-mascara” à l’instar de la brosse pour les cils. Il ne s’agit bien entendu pas d’utiliser la brosse de ce test pour vous maquiller les cils. Il s'agit d'un test qui est d’une simplicité déconcertante. Avant d’effectuer ce test, vous ne devez suivre aucun régime. Un test est suffisant. Une réaction immunochimique mettra en évidence (ou pas) la présence de sang dans vos selles. Si tel devait être le cas, cela ne signifie bien entendu pas que vous avez un polype ou que vous souffrez d’un cancer colorectal. La présence de sang peut être due à une petite blessure, à une petite ulcération ou inflammation. Un test positif (anormal) signifie qu’une présence de sang occulte a été détectée. Il est, dans ce cas, vivement recommandé de subir des examens complémentaires. Vous (ainsi que votre médecin), vous voudrez certainement savoir si la présence de ce sang occulte dans vos selles est due à un polype ou une petite tumeur. Et pour ce faire, l’intérieur de votre côlon devra être examiné. Un rendez-vous sera pris pour effectuer une coloscopie (examen qui permet à l’aide d’un endoscope/coloscope de visualiser les parois du gros intestin).

La coloscopie

Cet examen reste encore toujours la grande référence en matière de dépistage mais a, malheureusement, auprès de nombreuses personnes mauvaise réputation. La coloscopie serait difficile, douloureuse et invasive. Or, avec les nouvelles techniques actuelles dont nous disposons, cet examen n’a plus lieu d’être douloureux, invasif ou encore désagréable. Il existe certaines formes légères d’anesthésie, de sédation ou de narcose qui vous donnent le sentiment de dormir. La médication utilisée veille à ce que l’endormissement soit paisible et le réveil ultra-rapide. Mais, alors très rapide ! Et vous ne sentirez rien de l’examen. Une demi-heure après l’examen, vous serez parfaitement réveillé. Pendant votre sommeil, le médecin-spécialiste aura, quant à lui, eu l’occasion d’explorer calmement votre gros intestin.

Si au cours d’un tel examen, un polype devait être découvert, ce dernier pourrait être facilement enlevé et analysé en laboratoire par la suite. Cela représente un avantage considérable inhérent à un tel examen. Si rien de suspect n’est découvert durant la coloscopie, alors vous serez tranquille pour au moins 5 ans voire, probablement 7 à 8 ans. Les Américains pensent même qu’un tel résultat à une coloscopie signifie que vous pouvez dormir, pendant 10 ans, sur vos deux oreilles !
Si une petite tumeur ou un polype est découvert à un stade précoce et qu’il a été enlevé, les chances de guérison complète sont de 90%. Le cancer colorectal (du côlon) n’est pas toujours mortel. Mais un diagnostic précoce fait une sacré différence ! Vous ne devez dès lors pas avoir peur d’en parler avec votre généraliste. Faites le test du cancer colorectal. Notre message est tout simple et ne compte que 3 mots : faites le test !

Le traitement

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Lorsqu’une tumeur maligne ou qu’un cancer colorectal a été diagnostiqué, on doit procéder à l’ablation de ladite tumeur. En cas de pathologie localisée et limitée (pas de croissance tumorale dans la paroi intestinale, de ganglions lymphatiques touchés) cela peut, dans la majorité des cas, se faire lors d’une coloscopie. La convalescence n’en sera que plus courte. Malheureusement, ce n’est pas toujours possible et une opération abdominale classique devra parfois être effectuée. Lorsqu’il apparaît ensuite que les ganglions lymphatiques ou que des métastases à un stade avancé sont présentes, d’autres traitements devront être entrepris en complément. Dans ce contexte, tout sera décidé de concert par les différents spécialistes en charge du patient concerné. Ces spécialistes décideront du traitement qui est le mieux adapté au patient en fonction de la localisation de la tumeur cancéreuse, de sa nature, des différents biomarqueurs présents dans le sang ou dans les tissus et, ce en vue des meilleurs résultats possibles. On parle toujours d’un « traitement sur mesure ». Là, où on ne disposait voici quelques années encore que de 2-3 médications, notre arsenal thérapeutique comprend actuellement 10 à 15 médicaments différents. La Belgique se situe, en matière de traitements, parmi les pays européens en tête avec un taux de survie à 5 ans de presque 70%. Malheureusement, les cancers colorectaux à un stade avancé sont encore trop souvent diagnostiqués, ce qui amenuise considérablement les chances de guérison et de survie. Grâce aux nouvelles techniques thérapeutiques et aux médicaments les plus récents, ces chances – même en cas de cancer à un stade avancé – sont ces dernières années également nettement meilleures. Le message est donc très clair : plus le diagnostic est précoce, plus les chances de résultats sont meilleures !


Lentement l’immunothérapie commence à se frayer un chemin parmi les traitements du cancer colorectal proposés. Actuellement, malheureusement seulement un nombre limité de patients (5 à 10%) peuvent en tirer profit. On évitera, ici, de s’attarder sur les coûts liés au cancer colorectal. Les traitements sont chers, très chers… c’est la raison pour laquelle il est aussi tellement important d’investir davantage en matière de prévention.

La campagne de dépistage auprès de la population

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Depuis octobre 2013, le Gouvernement flamand a lancé une grande campagne de dépistage du cancer colorectal auprès de la population. Tous les hommes et les femmes (au début de la campagne) âgés de 55 à 74 ans reçoivent (recevaient) à la maison (envoyé par la poste) - sur une période qui s’étale sur deux ans – un test iFOB gratuit. Entre-temps le seuil d’âge minimum de dépistage a été heureusement revu à la baisse, à 51 ans. À partir de l’année prochaine, les cinquantenaires de Flandre peuvent s’attendre à recevoir un kit de test à leur domicile. En 2017, en Flandre, un peu plus de plus de la moitié des personnes concernées ont participé à cette vaste campagne de dépistage de la population. 51,7% pour être précis. Cela signifie donc que 48,3% des personnes qui entraient en ligne de compte n'ont, pour diverses raisons, pas participé à cette campagne de dépistage de la population. Elles sont passées à côté de la chance qui leur était offerte d’éviter une maladie et d’économiser des frais de soins de santé. À ces 48,3% de personnes, je n’ai qu’un message à faire passer mais un message de taille qui se résume en 3 mots : faites le test ! Vous ne le regretterez pas ! Le Gouvernement flamand espère d’ici 2020 atteindre un taux de participation à cette campagne de dépistage de 60%. Nous n’allons pas, ici, discuter s’il s’agit d’un niveau de couverture ou d’un taux de participation, les personnes concernées savent ce dont nous parlons. L’objectif initial était d’atteindre un taux de participation de 60% en 2020. Il faut être transparent et précis. Que les objectifs soient par la suite adaptés ne relève pas de ma responsabilité. Ce taux de participation de 60% est réalisable, doit être atteint. Nous pouvons même, en la matière, être un peu ambitieux. Après tout, si nos voisins du Nord parviennent actuellement déjà à atteindre un taux supérieur à 70%, cela devrait être également possible chez nous. Ce qui est faisable aux Pays-Bas peut/doit aussi l’être en Flandre.



En Wallonie, une telle campagne de dépistage de la population existe depuis 2009. Au départ avec le test “guaiac” (un test un peu plus complexe et moins sensible avec de petites cases). Depuis quelques années, la Wallonie recourt aussi au test iFOB. Malheureusement, les résultats obtenus au sud du pays ne sont pas comparables avec ceux atteints en Flandre. On peut difficilement se réjouir d’un taux de participation de moins de 20%. On peut et on doit faire mieux ! Le grand fossé entre la Flandre et la Wallonie est également désormais présent en matière de dépistage du cancer colorectal. À Bruxelles, cela fait désormais un an que l’on a démarré une campagne de dépistage colorectal de la population, propre à la région. On ne peut que saluer cette initiative. Que les pharmaciens soient partie prenant de cette campagne – comme c’est le cas dans d’autres pays – est plutôt, selon moi, une bonne solution. Cela permettra, je l’espère, de réduire encore quelque peu le seuil de l’âge minimal pour participer à cette campagne de dépistage de la population. Je suis curieux de connaître les premiers résultats bruxellois.

L’asbl “Stop Darmkanker” (NdlR Stop Cancer Côlon)

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Mon premier exposé sur le dépistage du cancer du côlon remonte à plus de 15 ans. Ce n’est qu’en février 2010, lorsque j’ai rencontré trois jeunes étudiants, que nous avons décidé de mettre un groupe d’action sur pied. “Stop Darmkanker” (Stop Cancer Côlon) était né. Le logo est toujours identique, le résultat d’un quart d’heure de dessin et de travail informatique un dimanche après-midi. L’utilisation des réseaux sociaux occupa dès le début un rôle central et fut primordial pour l’évolution future. En juin 2012, l’asbl Stop Darmkanker (Stop Cancer Côlon) fut officiellement portée sur les fonds baptismaux. Dès le départ, il fut clair que ‘Stop Darmkanker” (Stop Cancer Côlon) ne serait pas un groupe de travail mais un groupe d’action. Le mois international du cancer du côlon, le mois de mars, fut dès le début inscrit en rouge dans l’agenda. Le ruban bleu, le symbole de cette lutte contre le cancer du côlon, devait se mettre en quête de la même attention reçue par le ruban rose (cancer du sein). Une mission pas évidente, car pour une raison ou l’autre, tout ce qui touche au cancer du côlon est visiblement moins attrayant, pour ne pas utiliser le terme sexy. C’est notre rôle de traiter ce sujet difficile de manière créative. Mais “rien n’est impossible”. Si vous ne vous en tenez qu’à l’impact social, tous deux méritent autant d’attention. Sur ce plan, l’asbl Stop Darmkanker (Stop Cancer Côlon) a encore du pain sur la planche. La lutte en coulisses est souvent plus ardue que sur le devant de la scène, mais nous n’allons pas l’évoquer dans cet article. Notre page Facebook compte entre-temps plus de 123.000 followers, et des messages sont postés quotidiennement. Depuis déjà plus de 9 ans… Fin 2015, j’ai donné ma démission à l’hôpital et depuis le début de l’année 2016, je travaille full-time pour notre asbl Stop Darmkanker (Stop Cancer Côlon). Avec Bruno Mettepenningen, je peux compter sur un collaborateur hors pair et motivé. Notre armada de bénévoles n’est pas encore énorme, mais bien dynamique. Le “compteur de conférences” depuis janvier 2016 a entre-temps dépassé les 460, et la 500ème est encore au programme cette année. C’est également nécessaire lorsque l’adversaire se nomme cancer du côlon.

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L’un de nos projets qui se trouve depuis quelques mois sur le marché, est notre “graphic novel”, notre album BD. “Dirk” raconte l’histoire joliment illustrée par Mario Boon d’un professeur d’histoire âgé de 50 ans qui est confronté au cancer du côlon. Il atterrit dans un tourbillon d’émotions, où il entame le combat tel un gladiateur contre le monstre qui se nomme cancer du côlon. Cela ressemble à une histoire de David contre Goliath, mais celui qui connaît ses classiques sait comment cette histoire s’est terminée. Par le biais de cet album, nous essayons à nouveau de réduire le seuil (âge minimal du dépistage) d’une autre manière et d’encourager les lecteurs à faire le test. Nous continuons sans cesse à taper sur le même clou. L’album est édité par Ballon Media et existe déjà en 4 langues différentes. Néerlandais, français (Jean), anglais (John) et italien (Luca). Les traductions en allemand, en espagnol, en catalan et en turc sont en cours. Pour les amateurs de bande dessinée purs et durs, il existe une édition limitée dans cette autre langue internationale, l‘anversois’ (remerciements à Guillaume Van der Stighelen pour la traduction).<



Partager les connaissances, transmettre des informations et sensibiliser les gens font partie de nos tâches essentielles. Nous ne sommes par essence pas un groupe de patients, mais un groupe de prévention. En réalité, il est inimaginable, et en fait inacceptable que tant de personnes encore soient confrontées au cancer du côlon par manque d’information. Justement à une époque où nous vivons dans une société d’information et sommes au courant de tout dans la minute via notre smartphone ou ordinateur portable. Et pourtant… Après avoir donné 15 ans de conférence en Belgique et à l’étranger, je peux vous dire la main sur le coeur que la connaissance sur ce sujet est encore insuffisante et inadaptée. Cette connaissance, nous voulons la transmettre au grand public, aux autorités, aux travailleurs de la santé, à tous. Car nous sommes convaincus à 100% d’une chose : plus d’information = moins de cancer du côlon.



J’ai un rêve, un rêve d’un monde sans cancer du côlon. Mais le chemin est encore long. Je veux me réveiller un jour dans un monde où le cancer du côlon sera devenu une maladie rare, dans un monde où plus personne ne doit/devra mourir du cancer colorectal. Ce chemin est encore long, mais abandonner ne se trouve pas dans mon/notre dictionnaire.
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Je termine par mon credo, simple, en trois mots : faites le test !

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Dr. Luc Colemont – spécialiste des troubles gastro-intestinaux

Managing Director asbl Stop Darmkanker – Stop Cancer Côlon


Source: D'après un communiqué de: stopdarmkanker.be/ stop cancer colon.be
publié le : 17/09/2019 , mis à jour le 17/09/2019

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