Cancer : le cannabis est utile, mais pas n’importe comment

Dernière mise à jour: août 2019 | 4001 visites
123m-medic-cannabis-5-8.jpg

news Le cannabis thérapeutique (médical) trouve sa place dans la prise en charge des patients souffrant d’un cancer. Toutefois, cela ne doit pas se faire dans n’importe quelles conditions.

Usage, indications, risques associés : ces questions sont très débattues, alors que le cannabis thérapeutique est autorisé dans un nombre croissant de pays. Son intérêt renvoie à ses effets potentiels contre la douleur, l’insomnie, l’anxiété, la dépression, les nausées ou encore les troubles de l’appétit, qui affectent une proportion importante des patients. « Le cannabis est un des rares composés qui peut traiter tous ces symptômes », explique le Dr Claude Cyr, spécialiste québécois de la gestion de la douleur (université McGill), cité par Le Quotidien du Médecin.

Une utilisation avec de grandes précautions


Une équipe américaine (Beaumont Hospital) a réalisé une étude auprès de quelque 200 patients souffrant de différentes formes de cancer (tumeurs solides à un stade précoce ou métastasique et cancers hématologiques). Un quart des patients consommaient du cannabis. Il s’avère que 81% d'entre eux déclarent un soulagement de leurs symptômes douloureux, 77% une amélioration de leur appétit, 73% un apaisement de leur anxiété et 54% une meilleure tolérance au traitement.

Des résultats probants, à l’évidence. Toutefois, ajoute le Dr Cyr, « plus cela avance, plus on réalise que le cannabis n’est pas aussi anodin que cela ». Ainsi, « des études démontrent que dans certains cas, il pourrait favoriser la prolifération tumorale ». D’autres travaux préviennent qu’il pourrait provoquer de l’hypertension et des syncopes, aggraver voire déclencher les troubles psychotiques, alors qu’il pourrait réduire l’efficacité de certains traitements.

L’approche hautement personnalisée, avec une attention particulière accordée à la gradation du dosage, est essentielle. Si l’usage du cannabis pourrait être envisagé chez tous les patients souffrant d’un cancer (en particulier en phase avancée), la mise en pratique de cette approche ne doit certainement pas se faire dans n’importe quelles conditions.

Source: American Society of Clinical Oncology (www.asco.org)
publié le : 16/08/2019 , mis à jour le 15/08/2019
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci