Poêle à bois : un risque pour la santé ?

Dernière mise à jour: janvier 2019 | 1361 visites
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news Le chauffage au bois est-il nocif ? Relativement peu de recherches ont été menées sur les effets des poêles à bois sur la santé, et ces études se contredisent. En fait, il semblerait que le degré de nocivité dépende de nombreux facteurs tels que le type de poêle, le bois, la météo...

La fumée de bois consiste en une composition de nombreuses substances différentes. En plus du dioxyde de carbone, elle recèle un mélange complexe de gaz et de particules.

• particules fines (et ultra-fines)
• gaz inorganiques (monoxyde de carbone, oxyde d'azote...)
• composés organiques volatils (benzène, styrène, buta-1,3-diène, n-Hexane)
• hydrocarbures aromatiques polycycliques
• aldéhydes, phénols, levoglucosane, quinones
• acides organiques (y compris l'acide acétique)
• méthoxyphénol.

Les émissions à l'extérieur

En fait, il est pratiquement impossible d'estimer exactement la quantité de substances émise par un poêle à bois dans son environnement. Cela dépend entre autres de la combustion et du rendement, qui sont influencés par nombreux facteurs tels que le type de poêle, la qualité du bois, la durée de combustion, les conditions météorologiques, la capacité de ventilation de la maison et le type de cheminée. Certains gaz émis forment des particules dans l'atmosphère. Ces particules « secondaires » ne sont généralement pas prises en compte lors des tests officiels.

Une combustion incomplète se produit lorsque les conditions de combustion ne sont pas optimales, ce qui arrive souvent avec des poêles plus anciens ou mal entretenus. Ceci renforce la formation de monoxyde de carbone, de particules, de matières organiques et de suie. La technologie des poêles modernes optimise la combustion et réduit les émissions. Les systèmes de filtrage peuvent absorber une partie des particules, mais une utilisation correcte et un entretien régulier restent nécessaires.

Les émissions à l'intérieur

Par ventilation et infiltration d'air extérieur, des produits de combustion se retrouvent dans les espaces intérieurs. Des études montrent que 90% des particules en suspension dans l’air intérieur proviennent de sources extérieures.

Peu de mesures ont été effectuées dans des maisons équipées de poêles à bois. Une étude suédoise a montré que la concentration en buta-1,3-diène et benzène y était plus importante. La même étude n’a constaté aucune différence pour les aldéhydes. Une autre étude suédoise a montré que les concentrations de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) sont plus fortes dans les habitations équipées de poêles à bois. Il est toutefois assez intéressant de noter que la concentration de HAP dans l’air extérieur est supérieure à celle de l'air intérieur, aussi bien dans les maisons d'habitation avec poêle que dans celles sans poêle...

Dans d'autres études, aucune différence significative n'a été constatée entre les maisons avec et sans poêle à bois pour le benzène, le toluène, l'éthylbenzène, le xylène, le NO2 et les particules (PM10), entre autres. Dans certaines maisons équipées d’un poêle à bois, de faibles concentrations de CO ont été mesurées. Et quoi qu’il en soit, toutes les valeurs rapportées étaient inférieures aux valeurs limites pour la santé.

À quel point la fumée de bois est-elle nocive ?

Il y a une exposition accrue aux polluants lorsque du bois est brûlé (à l'intérieur et à l'extérieur), mais l'ampleur de cet effet est difficile à déterminer.

• Des études sur les effets des particules montrent que certaines sont nocives pour la santé. Comme pour les particules liées à la circulation routière, les personnes souffrant d'une maladie respiratoire ou d'une maladie cardiovasculaire font partie des groupes les plus sensibles.

• La recherche montre que les particules fines provenant de la fumée de bois peuvent entraîner une inflammation des poumons similaire à celle provoquée par les particules fines liées au trafic routier. Et pour l’ADN, elles semblent encore plus nocives. Des recherches menées auprès de volontaires exposés à la fumée de bois pendant plusieurs heures montrent que cela peut entraîner de sérieux problèmes de santé, en particulier respiratoires. Cependant, cela concerne des concentrations élevées et il est difficile de traduire ces résultats pour une exposition chronique plus faible.

• Certaines études ont signalé la concentration de composants gazeux dans l'air intérieur lors de la combustion du bois, mais toutes les valeurs rapportées étaient inférieures aux limites d'exposition pour la santé.

Les effets d’une exposition de courte durée

Les effets aigus sur la santé qui ont été étudiés dans le cadre d’une exposition de courte durée à une forte fumée de bois portent principalement sur les voies respiratoires et le système cardiovasculaire. Ces effets ne sont pas spécifiques à la fumée de bois et on les observe aussi en cas d’exposition, par exemple, à la pollution due à la circulation routière.

• Les symptômes respiratoires sont principalement la toux et une respiration sifflante. Les personnes atteintes d'une maladie respiratoire ou d'une maladie cardiovasculaire y sont particulièrement sensibles.

• Des études menées dans des zones à forte concentration de fumée de bois ou de combustion de biomasse en hiver montrent une augmentation du nombre d’hospitalisations pour maladie respiratoire et trouble cardiovasculaire.

• Une concentration élevée de particules a également été associée à une réduction de la fonction pulmonaire des enfants asthmatiques en raison de la fumée de bois dans l'air extérieur le jour précédent. Cette association ne se retrouve pas chez les enfants non asthmatiques et peut être influencée par l'utilisation de médicaments pour l'asthme.

• Dans certaines études, des volontaires ont été exposés à la fumée de bois dans des conditions contrôlées. Ces études ont montré une association entre l'exposition aux produits de combustion de la fumée de bois et les réactions inflammatoires (systémiques). Cependant, les concentrations auxquelles les volontaires ont été exposés sont relativement plus élevées que celles de l’air extérieur. Il est donc difficile de traduire ces résultats dans des situations où les concentrations sont faibles.

Les effets d’une exposition prolongée

Des effets sur la santé peuvent résulter d'une exposition prolongée à des concentrations inférieures de fumée de bois. Les effets constatés sont principalement des symptômes respiratoires (toux, respiration sifflante), des réveils nocturnes dus à la toux et à un essoufflement, une maladie (chronique) des voies respiratoires (asthme, BPCO...) et le cancer du poumon. Ces effets sur la santé ne sont pas spécifiques à la fumée de bois et se retrouvent également en cas d’exposition, par exemple, à des particules provenant de la circulation routière.

• Chez les enfants, diverses études ont montré un lien entre l’utilisation du poêle à bois et les symptômes respiratoires, telles que la toux et la respiration sifflante. En outre, on constate une diminution de la fonction pulmonaire des enfants exposés aux PM10 de la fumée de bois à la maison. Un même lien a été trouvé chez les adultes.

• Cependant, un certain nombre d'études n’ont constaté aucune association entre la présence d'un poêle à bois et l'asthme ou des symptômes des voies respiratoires chez les enfants et les adultes (asthmatiques).

• Seules quelques études ont examiné les effets d'une exposition à long terme pendant l'enfance ou tout au long de la vie sur le risque de développer une maladie pulmonaire (BPOC et cancer du poumon). Une vaste étude menée dans sept pays européens a noté une légère augmentation du risque de cancer du poumon lors de l'utilisation du bois pour le chauffage. Le risque est plus élevé en cas d’exposition plus longue (plus de la moitié de l'existence). Dans une autre étude, on a découvert une association entre le cancer du poumon chez les femmes et le chauffage traditionnel au bois et au charbon. Cependant, ces études ont examiné les effets d’exposition à la fumée de bois dans des situations où le bois et le charbon étaient utilisés pour la cuisine et comme source de chauffage principale. Ces situations ne sont pas comparables à l'utilisation habituelle du bois dans nos régions.

Conclusion ?

Il est presque impossible aujourd'hui d'estimer avec précision les effets néfastes de la combustion du bois sur la santé. Les diverses études épidémiologiques et toxicologiques ne permettent pas de conclure clairement. Certaines études ont mis en évidence une corrélation entre l'utilisation du poêle à bois et la santé des voies respiratoires, alors que d'autres études n'ont pas permis de démontrer ce lien.

Voir aussi l'article : Poêle à bois : les conseils pratiques


publié le : 20/01/2019 , mis à jour le 19/01/2019
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