Grossesse : comment arrêter de fumer ?

Dernière mise à jour: septembre 2016 | 4156 visites
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news Fumer pendant la grossesse peut avoir des conséquences graves pour la mère et l’enfant. Cela augmente le risque de fausse couche, de rupture prématurée des membranes, d’accouchement prématuré, d’un faible poids à la naissance, de mort subite, de troubles respiratoires et du comportement, etc.

Pourtant, selon des chiffres néerlandais, 8,6% des femmes enceintes fument encore quotidiennement. Et il faut savoir que même le tabagisme passif peut avoir les conséquences négatives citées plus haut. En outre, une partie (très) significative des femmes qui ont arrêté avant ou au début de la grossesse recommencent après la grossesse, voire même pendant.

Qu’est-ce qui peut aider les femmes à arrêter de fumer et à ne pas reprendre après la grossesse ?

L'arrêt spontané

Beaucoup de femmes ont arrêté spontanément de fumer pendant la grossesse. Certains facteurs peuvent les y aider.

• les changements physiologiques du goût et de l’odorat associés à la grossesse
• les symptômes de sevrage réduits durant la grossesse
• avoir fumé moins de 6 cigarettes par jour avant la grossesse
• les attentes et l’environnement sociaux
• l’estime de soi, l’expérience des compétences parentales
• la crainte de prendre du poids
• aucun antécédent de troubles du comportement

Les femmes qui ont le plus de mal à arrêter sont celles qui :

• ont un statut socio-économique peu favorable
• n’ont pas de partenaire ou ont un partenaire fumeur
• n’avaient pas prévu leur grossesse et/ou ont eu peu de soins prénatals
• ont des problèmes relationnels ou peu de soutien de la famille et des amis
• ont des problèmes psychiques (dépression, stress, alcoolisme, toxicomanie…)
• ont déjà été enceinte

La réduction de la consommation

Il n’y a pas assez de recherches sur l’influence de la réduction du tabagisme sur l’enfant à naître. Diminuer sa consommation n’est donc pas une alternative acceptable.

Les interventions psychosociales

Pour les femmes enceintes qui souhaitent arrêter de fumer, les interventions psychosociales sont le meilleur choix. Diverses études ont montré que dans l’ensemble, elles aident à ne pas recommencer à fumer et à prévenir les problèmes pour le bébé.

Des études montrent que par rapport à une méthode classique, les interventions psychosociales augmentent de 34% les chances d'arrêter de fumer pendant la grossesse et de ne pas reprendre par la suite. D'autres mettent en évidence un poids de l'enfant plus élevé à la naissance et un risque plus faible de naissance prématurée.

Quelles interventions ?

Les interventions psychosociales peuvent consister en des entretiens individuels, du coaching, de la sensibilisation, un suivi biochimique, des récompenses financières et un soutien social. Des études ont montré que ces interventions, qui reposent sur plusieurs aspects, sont les plus efficaces pour le sevrage tabagique.

Les entretiens personnalisés visent à accroître la motivation et à faire face à des situations problématiques. Le type de conseils varie et peut comprendre, par exemple, des entrevues motivationnelles, une thérapie comportementale et cognitives, de la psychothérapie… Ils peuvent être proposés de différentes manières : en rendez-vous, par téléphone ou via Internet. Ils peuvent également être proposés en groupe. Ces entretiens sont efficaces dans la mesure où ils sont proposés en même temps que d’autres stratégies.

L’information et l’éducation à la santé consistent en la distribution de documents informatifs sur les risques du tabagisme, avec des conseils pour arrêter. Seuls, ils ne suffisent généralement pas mais ils peuvent être combinés à d’autres méthodes.

• Avec un feedback biochimique, les femmes enceintes sont informées sur la santé du foetus et la présence de substances toxiques dues au tabagisme chez la mère, ce qui peut la motiver. On en sait peu sur l’efficacité de cette approche, mais elle peut être un bon complément.

Les récompenses financières sont habituellement combinées avec une intervention psychosociale. Elles passent par des réductions ou des cadeaux. Cette stratégie est parmi les plus efficaces dans un suivi psychosocial, mais on ne sait pas grand-chose sur l’ampleur de la motivation qu’elles suscitent.

Le soutien social, celui de la famille, des amis, etc, s’avère positif également, même si on ne sait pas à quel point un partenaire a de l’effet sur la motivation de sa compagne à arrêter de fumer et à ne pas rechuter après la grossesse.

Les médicaments

Les aides pharmaceutiques sont de formes diverses : produits de substitution nicotinique, cigarette électronique ou médicaments comme le Zyban ou le Champix.

Il y a peu de recherches sur leurs effets dans le sevrage tabagique des femmes enceintes et on dispose donc de peu d’informations sur leur efficacité et les éventuels problèmes d’incompatibilité avec la grossesse. Seuls les produits de substitution ont fait l’objet de recherches un peu plus poussées.

Une étude canadienne récente sur les patchs a démontré leur efficacité et leur risque réduit de naissance prématurée ou de faible poids à la naissance. Selon un rapport du Trimbos-Instituut (Pays-Bas), les produits de substitution peuvent être envisagés quand aucune autre méthode n’a fonctionné et quand les risques de ces produits restent inférieurs à ceux de la tabagie (seulement chez les femmes qui fument plus de 10 cigarettes par jour).

Et après la grossesse ?

Après la grossesse, beaucoup de femmes qui avaient arrêté durant celle-ci recommencent à fumer. La recherche montre que 40% d’entre elles recommencent dans les 6 mois. Il semble également qu’une grande partie des femmes qui ont arrêté de fumer durant les deux premiers trimestres de la grossesse recommencent au troisième. Comme le tabagisme passif est nocif pour l'enfant, il est important de ne pas recommencer.

Les causes exactes des rechutes ne sont pas connues. Différents facteurs peuvent être impliqués.

• Beaucoup de femmes voient leur sevrage comme temporaire et ne le font que pour le bébé à naître.
• Fausses opinions : par exemple voir la cigarette comme une bonne manière de lutter contre le stress.
• Influences sociales : par exemple un conjoint ou un ami qui fume.
• Changements physiologiques après l’accouchement, comme un changement d’envie de cigarette, ou de goût.
• Le stress de prendre soin d’un nouveau-né, le manque de sommeil et le nouveau rôle de mère à assumer.


publié le : 22/09/2016 , mis à jour le 21/09/2016
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