Quels risques de souffrir de la sclérose en plaques ?

Dernière mise à jour: juin 2016 | 8806 visites
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news La sclérose en plaques est la maladie chronique neurologique du système nerveux central la plus fréquente chez les jeunes adultes européens. En Belgique, on estime qu’au moins 10.000 personnes en sont atteintes. Chaque année, quelque 450 nouveaux cas sont diagnostiqués.

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune, c 'est-à-dire que le système immunitaire agresse les propres cellules et tissus de l'organisme. Dans le cas de la SEP, c’est la gaine de myéline qui est attaquée : l’inflammation de la gaine empêche que les impulsions nerveuses soient correctement transmises et la communication vers le corps est perturbée. Cela se traduit par des inflammations en différents endroits du cerveau et de la moelle épinière, ce qui laisse des cicatrices (scléroses). En outre, de plus en plus de fibres nerveuses sont elles-mêmes attaquées.

• La maladie touche le plus souvent des jeunes adultes, avec un pic à 30 ans. Si la plupart des gens atteints ont entre 25 et 45 ans, la SEP peut également survenir plus jeune ou plus âgé : les plus jeunes patients ont 13 ou 14 ans. Il est très rare que la maladie survienne avant la puberté.

Les femmes sont plus à risque que les hommes de développer la SEP : sur 5 personnes atteintes, on compte 3 femmes.

• La SEP est plus fréquente dans les pays nordiques à climat tempéré. Chez les Asiatiques, la prévalence est particulièrement basse.

La cause exacte de la SEP est encore incertaine. Elle est probablement due à une combinaison de facteurs génétiques et de facteurs extérieurs tels qu’une infection, les hormones, un manque de lumière du jour, la nourriture, l’hygiène…, qui déclenchent une réponse anormale du système immunitaire.

Les facteurs génétiques


Des facteurs génétiques jouent certainement un rôle dans la prédisposition à contracter la SEP. Jusqu’à présent, on a détecté plus de 50 gènes qui ont d’une manière ou l’autre un lien avec la SEP. Une grande partie de ces gènes jouent un rôle important dans notre système immunitaire et peuvent être également impliqués dans d’autres maladies auto-immunes. Ces gènes jouent sans doute également un rôle dans la gravité et l’évolution de la maladie.
La SEP n’est pas héréditaire au sens propre du mot. Ce n’est pas parce que votre père ou votre mère l’a que vous allez l’avoir. Le risque que vous ayez hérité de toutes les anomalies génétiques en lien avec la SEP est en effet très faible.

Vous courez cependant un risque accru si la maladie touche votre famille. Ainsi, 15% des malades ont un proche également atteint. Chez les jumeaux monozygotes, si un des jumeaux est atteint, le risque est estimé à 30% pour l’autre. Il n’existe actuellement aucune méthode pour tester une éventuelle prédisposition génétique.

Les facteurs environnementaux


Les facteurs environnementaux jouent un rôle au moins aussi important que les facteurs génétiques : même si vous avez une prédisposition génétique, le risque reste faible de souffrir de la maladie. Des facteurs environnementaux sont nécessaires pour « activer » son développement. Sans eux, pas de SEP. Cependant, on ignore quels sont les facteurs environnementaux en cause et on ignore encore plus si plusieurs facteurs doivent être en présence ou si ces facteurs se renforcent mutuellement.

Les infections virales

Certains virus peuvent déclencher une SEP chez des personnes génétiquement prédisposées, mais on n’a pas encore pu déterminer lesquels. Il s’agirait principalement d’infections virales infantiles.

Les plus importants virus suspects sont :

• l’herpès (labial, génital, zona…). Ces virus peuvent également affecter les cellules cérébrales (encéphalite)
• le virus d'Epstein – Barr, responsable de la mononucléose
• le virus de la rougeole
• les rétrovirus (par exemple le VIH)

On prétend parfois que la vaccination contre l’hépatite B ou la grippe peut déclencher la SEP, mais cette hypothèse est rejetée par de nombreuses études.

Les habitudes alimentaires

Le fait que la SEP soit plus fréquente dans les pays du nord, et plus chez les Caucasiens que chez les Asiatiques, peut avoir un rapport avec les habitudes alimentaires.

• Il existe des indications selon lesquelles les enfants qui ne sont pas nourris au sein mais au lait de vache auraient un risque accru de contracter la SEP, mais il n’y a aucune preuve de cela.
• Le fait qu’un régime pauvre en graisses saturées et riche en lipides polyinsaturés (graisses produites par certaines plantes et huiles de poisson) pourrait prévenir l’apparition de la SEP ou ralentir la maladie n’est pas non plus prouvé.

La lumière naturelle

Le fait que la maladie soit plus fréquente dans les pays du nord suggère que le manque de lumière joue un rôle. La vitamine D pourrait protéger de la SEP, mais on manque de preuves convaincantes à ce sujet.

Les polluants

Il n’y a aucune preuve que la pollution de l’air, l’exposition à des champs électromagnétiques (GSM, lignes à haute tension…), aux pesticides, etc., augmente le risque de SEP. Il existe bien un risque accru en cas d’exposition prolongée à de très hautes doses de cadmium, mais cette situation est quasiment inexistante dans la vie quotidienne.

Le traumatisme cérébral

Il existe des indications selon lesquelles une fracture de la barrière hémato-encéphalique pourrait provoquer la SEP, mais ce n’est pas prouvé.

Le tabac

Fumer augmenterait dans une certaine mesure le risque de SEP, mais ce n’est pas du tout prouvé non plus.

Le stress

Le stress chronique n’est pas une cause de SEP mais peut en déclencher des symptômes.

Le climat

Des études ont montré que l’endroit où l’on vit jusqu’à l’âge de 15 ans influence fortement le risque de SEP. Ainsi, quelqu’un qui a grandi dans une région tropicale ou sub-tropicale (Afrique par exemple) présente moins de risque de contracter une SEP à l’âge adulte. Une personne née par exemple en Belgique et qui a déménagé peu après dans une zone tropicale présentera moins de risque également. À l’inverse, les gens nés sous les tropiques qui ont passé leur jeunesse en Belgique présentent le même risque que les Belges qui ont vu le jour et grandi en Belgique. Les gens qui émigrent après leurs 15 ans d'un climat tempéré vers les tropiques présentent les mêmes risques que ceux qui sont restés au pays.


publié le : 24/06/2016 , mis à jour le 23/06/2016
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