Cancer : pourquoi enlever le sein qui n’est pas atteint ?

Dernière mise à jour: juin 2016 | 10005 visites
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news Une proportion croissante de femmes souffrant d’un cancer à un sein fait le choix de l’ablation de l’autre sein, qui n’est pourtant pas atteint par la maladie.

En une dizaine d’années, aux Etats-Unis en tout cas, on observe une très forte augmentation du nombre de patientes qui ont pris cette décision. Comme l’explique le Dr Jean-Fred Warlin (Journal international de médecine), « le pourcentage de femmes opérées d’un cancer du sein et qui ont réclamé l’ablation du second sein est passé de 9 à 24% ; or, il n’y a pas d’argument scientifique pour préconiser l’ablation du sein sain en l’absence de mutation génétique », c’est-à-dire de mutation du gène BRCA (une situation qui avait poussé Angelina Jolie à procéder à une double ablation préventive).

S’il n’existe pas de mutation et sans antécédents familiaux, le risque que le cancer affecte l’autre sein ne dépasse pas 5% dans les dix ans. Pourquoi les patientes prennent-elles cette décision « qui ne figure pas dans les directives cancérologiques actuelles », demande le Dr Warlin ? Une équipe américaine (université Rutgers) a interrogé des patientes âgées de 30 à 68 ans qui ont opté pour cette mastectomie bilatérale. Elles donnent comme première raison la tranquillité d’esprit : éviter le souci d’une surveillance régulière de l’autre sein. De plus, elles considèrent que si elles ne peuvent pas empêcher l’apparition de métastases ailleurs dans leur corps, au moins ont-elles la possibilité de prévenir un cancer à l'autre sein. Près d’un quart de ces femmes ont été encouragées par leur médecin à choisir la mastectomie bilatérale, avec parfois des arguments du type « C’est ce que je ferais si vous étiez ma compagne », sans être alors davantage informées des inconvénients et des complications de ce geste.

Le Dr Warlin commente en substance : « Une information plus sereine et plus conforme aux données de la science est nécessaire. C’est ainsi que le chirurgien pourra conseiller au mieux ses patientes, tout en leur laissant en dernier ressort le choix de ce qui leur paraîtra le mieux adapté à leur cas ».

Source: Clinical Journal of Oncology Nursing (https://cjon.ons.org)
publié le : 24/06/2016 , mis à jour le 23/06/2016
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