En congé, oubliez les e-mails du boulot !

Dernière mise à jour: octobre 2015 | 10385 visites
123-smartphone-gsm-email-10-12.jpg

news Lorsqu’ils sont en congé, beaucoup ont tendance à lire leurs e-mails professionnels. Ce comportement est néfaste : il faut savoir couper le cordon.

Une série d’études se sont penchées sur les conséquences de cette incapacité, de plus en plus répandue, à dresser une barrière bien nette entre la vie professionnelle et la vie privée, en dehors des heures de travail. C’est-à-dire après avoir quitté le boulot (en soirée notamment), le week-end, ou pendant les congés, de courte ou de plus longue durée.

Cette disponibilité, acceptable si elle revêt un caractère très ponctuel (un petit coup d’œil sur ses e-mails à l’occasion), peut devenir problématique quand elle ne permet plus de vrai détachement par rapport aux impératifs professionnels (on se sent obligé de lire régulièrement ses e-mails), alors qu’aux yeux des employeurs (ou des collègues), le fait de savoir que les mails seront consultés instaure de fait une situation de contrainte : en cas de besoin, ils s’attendent à ce que la personne, même en congé, réagisse en conséquence, et la personne elle-même le ressent comme cela. En d’autres termes, l’état d’esprit n’est jamais serein.

Mauvaise humeur, fatigue, stress, démotivation...


Une équipe de l’université de Hambourg a mené l’enquête auprès de travailleurs d’une vingtaine d’entreprises de secteurs divers, âgés en moyenne d’une quarantaine d’années. L’expérience a consisté à recueillir leurs impressions pendant deux semaines (avec un intervalle d’un ou deux mois entre elles) : la première, ils devaient prendre connaissance de leurs e-mails en dehors des heures de travail (soirée, week-end, l’un ou l’autre jour de repos), et y répondre si nécessaire, alors que la seconde, ils prenaient des « vrais » congés (aucun contact avec le boulot). Des prélèvements de salive, effectués chaque matin, ont permis de mesurer le taux de cortisol, l’hormone indicatrice du degré de stress.

Que constate-t-on ? Le fait de devoir rester disponible en dehors des heures de travail se traduit par une dégradation de l’humeur, de la fatigue, du stress (à la fois ressenti et mesuré par le cortisol) et une altération du bien-être, ainsi que par une plus faible motivation au travail le lendemain, avec un impact néfaste sur les performances professionnelles. Ici, les travailleurs ont été placés en situation d’obligation : le fait de rester disponible n’était pas leur choix, et cela a certainement renforcé l’effet négatif. Ceci étant, si certains acceptent de leur propre chef de ne jamais « déconnecter », bien d’autres estiment qu’ils ne peuvent pas faire autrement.

Dans ce contexte, un message pour les employeurs : ne pas respecter une séparation bien nette entre la vie professionnelle et la vie privée non seulement nuit au bien-être du travailleur, mais finalement aussi à son efficacité.

Voir aussi l'article : Etes-vous accro au boulot ?

Source: Journal of Occupational Health Psychology (www.apa.org/pubs/journals/o)
publié le : 25/10/2015 , mis à jour le 24/10/2015
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci