Complètement ivre sans avoir bu une goutte d’alcool

Dernière mise à jour: avril 2015 | 7838 visites
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news L’histoire de Nick Hess a été largement relayée : ce Britannique souffre du syndrome d’auto-brasserie, et devient soûl sans consommer d’alcool. Que se passe-t-il ?

Cette maladie est également appelée syndrome de fermentation intestinale. Extrêmement rare, elle a été décrite pour la première fois en 1976 par une équipe japonaise. Certains spécialistes sont convaincus de sa réalité, d’autres se montrent sceptiques.

De quoi s’agit-il ? En fait, à l’instar de Nick Hess, les intestins des patients contiennent une quantité phénoménale d’une levure appelée Saccharomyces cerevisiae, que l’on retrouve dans l’alimentation (« la levure du boulanger »). En principe, explique Le Figaro, l’organisme humain l’élimine lors de la digestion. Or, chez Nick comme chez d’autres, elle s’accumule dans les intestins fragilisés (par exemple suite à la prise d’antibiotiques), où pour survivre et produire de l’énergie, elle transforme l’amidon en alcool ; amidon présent notamment dans le riz, les pâtes ou les pommes de terre. Et le taux d’alcoolémie de la personne grimpe en flèche : c’est l’ivresse.

Les doutes de la famille et des médecins


Pendant plusieurs mois, Nick Hess a vécu un véritable enfer, non seulement en raison de ses troubles, mais aussi car son entourage le soupçonnait de boire en cachette et de sombrer dans l’alcoolisme, ce que les médecins qu’il consultait craignaient aussi. Finalement, après s’être informé avec l’aide de sa femme, Nick a pris contact avec des chercheurs américains qui avaient travaillé sur le syndrome d’auto-brasserie, et les analyses ont montré que les intestins du Britannique abritaient une quantité de levure Saccharomyces cerevisiae cinq fois plus élevée que la normale, un taux exceptionnel.

Un traitement antifongique et un régime pauvre en glucides ont permis d’améliorer considérablement la situation, puisque les épisodes de pseudo-ivresse ne se produisent plus qu’une ou deux fois par mois, alors qu’ils étaient quasiment quotidiens auparavant. Le Figaro rappelle le cas d’un sexagénaire américain arrêté en 2013 pour conduite en état d’ivresse alors qu’il affirmait n’avoir absolument rien bu. Des tests réalisés à l’hôpital ont montré que plusieurs heures après un repas riche en glucides, et évidemment sans alcool, son alcoolémie avait grimpé à 2 g/l de sang…


publié le : 01/05/2015 , mis à jour le 30/04/2015
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