Pneumonie : causes, symptômes et traitement

Dernière mise à jour: août 2015 | 92926 visites
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Pneumonie : causes, symptômes et traitement

dossier La pneumonie est une infection respiratoire aiguë affectant les poumons. Une hospitalisation peut être nécessaire dans les cas sévères. Quelles en sont les causes, comment reconnaître les symptômes et de quels traitements dispose-ton ?

Dans la plupart des cas, chez une personne par ailleurs en bonne santé générale, l'administration d'antibiotiques permet de venir à bout de la pneumonie en deux ou trois semaines. Une attention plus étroite doit être accordée à plusieurs groupes de population : c'est le cas en particulier des jeunes enfants, des personnes âgées, des personnes immunodéprimées et des patients hospitalisés. Par ailleurs, certains germes (bactéries) sont particulièrement difficiles à combattre en raison du développement d'un phénomène de résistance aux antibiotiques.

Les causes

Les causes possibles de la pneumonie sont très diverses, sachant néanmoins que les bactéries et les virus représentent 80% à 90% des cas.

Souvent, la maladie complique une infection respiratoire, comme une grippe. Les muqueuses respiratoires et le système immunitaire ayant été affaiblis, les germes trouvent un terrain d'action très favorable. Les microbes pathogènes sont inhalés (au contact de personnes infectées) ou prennent de la vigueur en raison de la fragilité de l'organisme. Ainsi, des germes comme le pneumocoque et le staphylocoque sont naturellement présents dans les voies respiratoires (bouche, gorge...) et ne posent pas de problème... sauf lors d'un affaiblissement de nos défenses immunitaires.

La pneumonie concerne les alvéoles pulmonaires : c'est dans ces petits sacs creux, à l'extrémité des bonchioles, que se produisent les échanges gazeux avec la sang. Lorsque ce processus est compromis par l'infection, la personne finit notamment par manquer d'oxygène. La pneumonie peut se cantonner aux poumons ou s'étendre aux bronches (c'est la bronchopneumonie).

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Les bactéries


Les pneumocoques (Streptococcus pneumoniae). Il s'agit de la principale cause de pneumonie bactérienne, mortelle dans 10 à 20% des cas si elle n'est pas soignée par antibiotiques. Ce type de pneumonie peut se développer comme complication d'une infection virale des voies respiratoires supérieures (un rhume, par exemple).

Les staphylocoques. (staphylocoque doré). L'une des causes majeures de pneumonie acquise à l'hôpital (infection nosocomiale), alors que la bactérie est à l'origine de complications graves de la grippe chez le jeune enfant, la personne âgée, les malades chroniques et les patients immunodéprimés. Une souche particulièrement dangereuse est le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM), qui résiste à la plupart des antibiotiques et qui suscite une grande inquiétude dans les hôpitaux et les maisons de repos.

Legionella pneumophila provoque la maladie du légionnaire. Lorsque les conditions sont favorables, elle se développe dans les réseaux d'eau douce naturelle ou artificielle. Lorsque l'eau stagne et que la température est suffisamment élevée (entre 30 et 40 °C), elle trouve un environnement très propice, et se propage par pulvérisation (robinet, douche, bain à bulles, air conditionné...).

Les mycoplasmes (Mycoplasma pneumoniae). Une cause fréquente de pneumonie chez le jeune enfant de 4 à 10 ans et chez les adultes entre 30 et 40 ans. Des épidémies surviennent régulièrement dans des internats, des camps de vacances ou des institutions d'accueil. L'infection évoque une grippe d'intensité modérée (toux, douleurs musculaires, fièvre). Les symptômes se manifestent progressivement, en quelques jours, contrairement à d'autres infections plus brutales des voies respiratoires, comme la grippe.

Chlamydophila pneumoniae (ou Chlamydia pneumoniae). Elle est responsable de 10% des pneumonies, et affecte surtout les adolescents, les jeunes adultes et les personnes âgées. Chez les jeunes, la maladie revêt généralement un caractère bénin, alors qu'elle peut être gravissime chez la personne âgée. Cette bactérie n'est sensible qu'à certains groupes d'antibiotiques comme les tétracyclines et les macrolides.

Les virus


Une pneumonie virale (virus de la grippe, virus du rhume, virus respiratoire syncytial...) présente généralement un caractère assez bénin et guérit spontanément sans séquelles. Le danger réside dans la surinfection bactérienne, suite à la fragilisation des voies respiratoires par l'infection virale.

Les champignons


Certains champignons comme Mycobacterium avium peuvent causer des pneumonies affectant surtout les personnes souffrant d'un système immunitaire déficient (sida, chimiothérapie, usagers de drogue par intraveineuse...).

La pneumonie d'aspiration


Elle se produit lorsque du contenu de l'estomac passe dans les poumons après régurgitation (fausse-route), disséminant alors des bactéries. Cela peut se produire après une anesthésie générale, en raison d'un trouble neurologique affectant la déglutition ou en cas d'inhalation de vomissements.

Les substances toxiques


L'inhalation de certains produits (pesticides...) ou de moisissures.

Les personnes à risque

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Certaines personnes sont plus sensibles que d'autres à la pneumonie et s'exposent à un risque plus élevé de complications graves, voire mortelles.

• les jeunes enfants
• les personnes âgées
• les patients souffrant d'une maladie chronique : BPCO, diabète, insuffisance rénale, cirrhose du foie, mucoviscidose...
• les patients immunodéficients
• les gros consommateurs d'alcool
• les fumeurs
• les personnes sous-alimentées

Les patients hospitalisés (d'autant plus lorsque le séjour se prolonge) sont particulièrement vulnérables, non seulement en raison de l'affaiblissement de leur état de santé, mais aussi par la multiplication des sources possibles d'infection (personnes porteuses de germes, plaie, cathéter...).

Les symptômes

En général, les symptômes apparaissent rapidement, sachant qu'ils peuvent varier en fonction de la cause de la pneumonie.

• une toux douloureuse
• des expectorations, parfois jaunâtres ou sanglantes
• de la fièvre
• des douleurs à la poitrine qui empirent lorsqu'on inspire
• un essoufflement
• des difficultés à respirer
• une accélération du rythme cardiaque
• parfois des maux de tête
• de la confusion, voire un état de délire

Chez la personne âgée, les symptômes sont plus flous, et la pneumonie peut même se manifester uniquement par de la confusion et de la somnolence.

Ces symptômes ne sont évidemment pas exclusifs à la pneumonie et on les retrouve dans d'autres maladies, comme la grippe, la bronchite, la bronchiolite, l'asthme, l'embolie pulmonaire ou la tuberculose. En cas de suspicion de pneumonie, le médecin confirmera le diagnostic par une radiographie ou un scanner. Les expectorations seront analysées en laboratoire afin de déterminer le germe qui est en cause, et ainsi adapter au mieux le traitement. Il faut néanmoins savoir que le micro-organisme ne peut pas être identifié avec précision chez la moitié des patients atteints de pneumonie.

Le danger

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Une pneumonie, surtout d'origine bactérienne, doit être considérée comme une maladie grave, puisqu'elle présente un réel risque de mortalité.

• L'infection peut s'étendre des alvéoles à la plèvre (une membrane qui recouvre la face externe des poumons et la paroi interne de la cage thoracique). Ceci provoque une forte inflammation et on parle alors de pleurésie, qui nécessite une surveillance très étroite.

• La maladie peut gagner l'ensemble des poumons et causer une insuffisance respiratoire.

• Elle peut causer une septicémie lorsque les bactéries pénètrent dans la circulation sanguine.

• Une méningite ou une encéphalite peut se déclarer, en particulier chez la personne âgée.

Les traitements

Le repos. Le patient doit rester à la maison jusqu'à la guérison complète (incapacité de travail) et limiter ses activités.

L'hydratation. Les apports en eau doivent être supérieurs à la normale.

La douleur et la fièvre. La gestion de la douleur est très importante pour maintenir le rythme respiratoire et gérer la toux (qui dans ce cas-ci ne doit pas être contrecarrée : il ne faut pas donc pas prendre de sirop anti-toux). Pour combattre la fièvre, et dans le même temps la douleur, le paracétamol est un recours de choix. Les antidouleurs contenant de la codéine ne sont pas indiqués, dans la mesure où ils apaisent la toux.

Les antiviraux (aciclovir) peuvent intervenir dans les pneumonies virales (comme celle causée par le virus de la varicelle).

Les antibiotiques sont bien entendu systématiquement prescrits en cas de pneumonie bactérienne (ou si le germe n'a pas été identifié). Le type d'antibiotique dépend de la nature du germe, de l'âge du patient, ou de la gravité de la maladie. Le traitement dure en général huit jours. Si après 48 h, la situation ne s'améliore pas, le médecin adaptera le traitement (changement d'antibiotique ou combinaison de deux molécules). Il faut ajouter que la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques constitue un énorme problème, en particulier dans les hôpitaux, et ici pour ce qui concerne la pneumonie.

L'oxygène. Si la teneur du sang en oxygène est trop faible, le patient doit recevoir une aide (ventilation), soit à domicile, soit en milieu hospitalier. Un transfert en soins intensifs et une intubation peuvent être nécessaires.

La kinésithérapie respiratoire en milieu hospitalier contribue beaucoup à la récupération des capacités respiratoires.

L'hospitalisation

Le médecin évalue la nécessité d'une hospitalisation en fonction d'une série de critères.

Le traitement sera suivi à la maison (antibiotiques par voie orale) lorsque le patient ne présente pas de facteurs de risque particuliers (à l'instar d'une maladie chronique). Le médecin surveillera étroitement l'évolution, jour après jour. Des prises de sang régulières permettront d'affiner le suivi. Le patient devra immédiatement avertir son médecin s'il constate une détérioration de son état général, un renforcement de la toux ou de l'essoufflement, une élévation ou une persistance de la fièvre (plus d'une semaine) ou l'apparition de nouveaux symptômes.

L'hospitalisation est nécessaire si :

• il y a manque d'oxygénation
• le patient souffre de confusion (sévère)
• les deux poumons sont touchés
• on observe une accélération trop importante du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire
• la pression artérielle est trop basse (hypotension)
• la personne est très âgée
• le patient présente un système immunitaire affaibli
• il s'agit d'un bébé de moins de 6 mois (au-delà, l'enfant peut rester à la maison s'il peut être surveillé en permanence et si son état n'est pas trop préoccupant)
• les antibiotiques doivent être administrés par intraveineuse
• la situation ne s'améliore pas après 48 à 72 heures de traitement à domicile

La vaccination

• Le vaccin contre le pneumocoque et l'haemophilus influenzae est indiqué chez les jeunes enfants. Pour les détails sur la vaccination contre le pneumocoque cliquez ici, et pour l'haemophilus influenzae cliquez ici.

• Pour la vaccination contre le pneumocoque chez l'adulte, cliquez ici.


publié le : 07/05/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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