Obésité : doit-on toujours parler de maladie ?

Dernière mise à jour: mai 2014 | 3843 visites
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news L’obésité est considérée comme une maladie en raison de ses effets néfastes pour la santé. Mais le message ne risque-t-il pas d'être contre-productif ?

C’est la surprenante question soulevée par cette équipe de l’université du Minnesota. A l’instar de bien d’autres grandes institutions, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que la qualification de l’obésité comme une maladie aide à renforcer la prise de conscience, tant des professionnels de la santé que des patients. De fait, sur un plan médical, parler de maladie est justifié. Qu’en est-il cependant des implications concrètes ?

Les chercheurs ont recruté un millier de personnes, couvrant tout le spectre de l'indice de masse corporelle (IMC), pour participer à une séance… de lecture. Trois groupes ont été constitués, selon le type de texte proposé :

• un article de presse détaillant les raisons pour lesquelles l’obésité doit être considérée comme une maladie
• des recommandations classiques pour la prévention du surpoids
• un article expliquant clairement que l’obésité n’est pas une maladie

Des mises en situation ont suivi et les observations sont assez étonnantes. En effet, il apparaît que par rapport aux participants en excès de poids des deux autres groupes, les personnes obèses qui ont parcouru l’article « l’obésité est une maladie » relativisent considérablement leur surpoids, et - dans les expériences qui ont été réalisées ici – ont tendance (toujours après la lecture) à choisir des plats plus caloriques lorsqu’on leur soumet plusieurs menus. Elles rapportent aussi une meilleure perception de leur image corporelle.

Les auteurs expliquent que ces résultats doivent donner à réfléchir sur la nature des messages de lutte contre l’obésité : ils ne peuvent pas se limiter à la présenter comme une maladie, puisque cela pourrait la faire percevoir comme une fatalité, avec un phénomène de désengagement. Le point positif (encore qu’à double tranchant) porte sur l’image corporelle et, sans doute, une moindre auto-stigmatisation. Les spécialistes concluent qu’il est important de tenir compte de ces éléments dans l’élaboration des campagnes de sensibilisation.

Source: Psychological Science (http://pss.sagepub.com)
publié le : 14/05/2014 , mis à jour le 13/05/2014
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