Le mal des montagnes

Dernière mise à jour: août 2015

dossier Le mal aigu des montagnes (MAM) est une souffrance liée à une montée trop rapide en haute altitude, à l'absence d'acclimatation progressive et à un niveau d’oxygène trop bas. Chacun peut y être confronté après quatre à huit heures à plus de 2000 mètres. Voici les mesures de prévention et les traitements.

Dans la plupart des cas, le mal des montagnes n'engendre que des conséquences mineures. Mais il peut se manifester de manière beaucoup plus sévère et engager le pronostic vital en cas de formation d'un oedème pulmonaire ou cérébral.

Il faut se montrer très attentif à des signaux d'alarme comme les maux de tête, les nausées et les vomissements, les difficultés respiratoires, une fatigue intense, les vertiges, la perte d'appétit ou les troubles du sommeil.

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L'apparition de gonflements aux yeux, à la face, aux mains ou aux chevilles doit inciter à une réaction rapide.

Personne n'est à l'abri

Le mal des montagnes n'épargne personne, ou plus exactement personne n'est à l'abri, même ceux qui bénéficient d'une excellente condition physique. La bonne nouvelle, c'est que - sauf complications évidemment - les symptômes disparaissent habituellement d'eux-mêmes, puisque l'organisme s'habitude peu à peu à l'altitude. C'est la raison pour laquelle une acclimatation progressive est recommandée. Et il faut savoir que le fait d'être un habitué de la haute montagne n'est pas une garantie : même des alpinistes aguerris peuvent être touchés.

La sensibilité individuelle intervient certainement : un premier épisode de mal des montagnes laisse craindre que cela se reproduire lors des séjours ultérieurs.

Les patients souffrant d'une pathologie cardiaque ou pulmonaire sont davantage à risque. Il est important qu'ils demandent au préalable conseil à leur médecin.

Les symptômes

Ceux qui ont déjà été mentionnés peuvent se déclarer dans les trois jours après l’arrivée et se faire sentir pendant deux à cinq jours si l'on séjourne à la même altitude. La descente estompe l'inconfort, alors que les plaintes s'accentueront si l'on continue à monter.

La sévérité des symptômes dépend bien entendu de l’altitude, ainsi que du nombre de jours d’acclimatation (à 2000 mètres) et de la fréquence des aller-retour (pour passer la nuit dans la vallée, par exemple).

Les complications les plus graves surviennent rarement en dessous de 3000 mètres.

Entre 4000 et 5000 mètres, un oedème pulmonaire de haute altitude (OPHA) peut survenir brutalement au cours des deux premières nuits. Il se caractérise par la présence d'eau dans les alvéoles pulmonaires, avec une toux sèche de plus en plus sévère. Le patient crache, souffre d'une sensation d'étouffement. fait de la fièvre (plus de 38,5 °C), et son état peut rapidement s'aggraver avec l'apparition d'une cyanose des lèvres et des oreilles et des expectorations de sang qui précèdent le coma.

Au-delà de 5000 mètres, un oedème cérébral de haute altitude (OCHA) peut menacer. Cette accumulation de liquide dans les tissus intra ou extracellulaires du cerveau débute par des modifications de l'humeur et du comportement, des maux de tête insupportables et des vertiges, des troubles de la marche, suivis par des troubles de la vue et des vomissements par jets, qui précèdent un coma fatal si le malade n'est pas immédiatement redescendu à une altitude plus basse.

En Europe, ces complications gravissimes ne sont observées qu'exceptionnellement chez des sujets immobilisés au-delà de 4000 mètres.

Les traitements

Le mal des montagnes modéré


• Dès l’apparition des premiers symptômes, démarrer un traitement à base d’acétazolamide : un comprimé de 250 mg, deux fois par jour, durant deux à trois jours, ou moins en cas de descente plus rapide. Le traitement favorise aussi une meilleure acclimatation.

• Eventuellement, 1 g d’acide acétylsalicylique ou de paracétamol ou 600 mg d’ibuprofène pour combattre les maux de tête, du métoclopramide ou de la dompéridone en cas de nausées ou de vomissements.

L’acétazolamide est déconseillé en cas d'allergie aux sulfamides et durant la grossesse. Il est rarement prescrit aux enfants sauf exception et sous suivi médical rigoureux (5 mg/kg par jour en deux prises). Si malgré le traitement, les plaintes persistent ou s’intensifient, il faut redescendre d’au moins 500 mètres. Dès que les plaintes disparaissent, on peut progressivement rejoindre une altitude plus élevée.

Le mal des montagnes sévère


Il est impératif que la personne soit redescendue le plus rapidement possible à une altitude inférieure à 2500 mètres. Il en va de sa survie. L’administration d'oxygène est nécessaire, soit en caisson hyperbare classique, soit en caisson hyperbare portable (un recours d'appoint, dans l'attente d'une prise en charge plus énergique).

Le traitement médicamenteux repose sur l'administration d’acétazolamide, de nifédipine et/ou des corticostéroïdes.

La prévention

• Commencer par séjourner quelques jours à une altitude intermédiaire, c’est-à-dire entre 1500 et 2500 mètres. Des paliers peuvent être franchis en journée, tout en veillant à passer la nuit dans la fourchette d'altitude intermédiaire.

• Prévoir une période de repos lorsque les 3000 mètres sont atteints.

• Ne pas boire d’alcool et éviter les somnifères.

• S'hydrater régulièrement, par petites gorgées, même la soif ne se fait pas ressentir. La perte hydrique est importante dans un environnement avec une pression atmosphérique faible. La prise d’acétazolamide accentue ce phénomène.

• Les personnes qui ont déjà souffert du mal aigu des montagnes peuvent prendre de l’acétazolamide à titre préventif : un comprimé de 250 mg deux fois par jour (environ 7 mg par kg de poids corporel). Commencer un jour avant d’atteindre les 3000 mètres, et jusqu’à deux jours après avoir atteint le point culminant. La seconde prise interviendra vers 16 h au plus tard, afin que l’effet diurétique du médicament ne perturbe pas trop le sommeil... Demandez toujours un avis médical (une prescription est d'ailleurs nécessaire).

Accompagnateurs : la trousse de secours

Les accompagnateurs de groupes veilleront à emporter les médicaments suivants :

Contre l'oedème cérébral


De la dexaméthasone (un corticostéroïde) : 8 mg comme dose d’attaque. Ensuite, 4 mg toutes les six heures (ou 32 mg en une seule prise en cas de nécessité). Notez que la dexaméthasone peut être obtenue sur prescription médicale en préparation magistrale.

De la méthylprednisolone à raison de 48-64 mg en dose d’attaque, suivis de 24-32 mg toutes les six heures (les données scientifiques manquent pour recommander un dosage précis).

Contre l'oedème pulmonaire


De la nifédipine à raison de 10 mg en prise sublinguale en même temps que de l’Adalat Retard 20 mg comme dose d’attaque. Ensuite, continuer l’Adalat Retard 20 mg toutes les six heures.

Il est évidemment impératif d'entreprendre une descente aussi rapidement que possible.

Informations : Institut de Médecine Tropicale d’Anvers - www.itg.be

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