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Ejaculation prématurée : comment Madame peut aider Monsieur

Dernière mise à jour: décembre 2018 | 88167 visites

dossier La problématique de l’éjaculation précoce (quasi) systématique concerne, et souvent affecte, une proportion importante de couples. Comment la partenaire peut-elle réagir ?

Dans un autre dossier (« Bien faire l’amour : les douze commandements »), nous avons développé une série de conseils susceptibles d’aider Monsieur à mieux contrôler la montée du plaisir, et ainsi l’aider à maîtriser « l’explosion finale ». Dans leur livre « La mécanique sexuelle des hommes » (Robert Laffont), le Dr Catherine Solano (médecin-sexologue) et le Pr Pascal De Sutter (psychologue-sexologue à l’UCL), consacrent un chapitre au rôle – capital ! - que peut jouer la femme lorsque son partenaire éjacule trop rapidement, et lorsque ceci se produit (quasiment) à chaque fois.

Trouver sa propre voie

Point de départ : « Vous n’osez pas forcément lui en parler, ou le charger de reproches : sa virilité pourrait en prendre un coup. Et pour un homme, c’est difficile ! Alors, vous faites avec, et souvent le silence s’installe. Comment faire changer les choses, comment réagir, comment l’aider sans l’accuser ? ».

Les auteurs soulignent que « nous ne prétendons pas connaître « la » manière idéale de se comporter ». Pas de « recette miracle », donc : il s’agit de suggestions, de pistes, d’indices, de recommandations…, qui devraient permettre à la femme, et dès lors au couple, de trouver sa propre voie.

1° - Ce qu’il faut éviter sur le plan relationnel

En fait, ce qui fera plus de mal que de bien, même si cela repose sur de bonnes intentions.

Ne pas minimiser

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« Ce n’est rien, ce n’est pas grave » : médicalement parlant, c’est exact. Par contre, l’impact psychologique peut s’avérer majeur. Bien des hommes souffrent de cette situation, qui peut d’ailleurs faire le lit d’une dépression.

Ne pas nier l’évidence

« Si vous prétendez : « Mais non chéri, tu n’éjacules pas trop vite, ça me va comme ça », alors qu’il tient à peine quelques secondes, il ne sera pas dupe et cela ne le rassurera absolument pas », lit-on. Pire : « Au contraire, il pensera qu’il est tellement nul que vous ne pouvez même pas le lui dire en face ». Donc, « il vaut mieux avouer la vérité car elle libère. « Oui, ça me frustre que ça ne dure pas plus longtemps ». Au moins, lorsque vous lui direz que c’est mieux, il saura que vous êtes honnête ! »

Ne pas en rajouter

Autrement dit, en parler, oui, mais inutile – et infructueux – de le culpabiliser, de laisser planer une lourde menace sur l’avenir du couple. L’homme est conscient du problème : il faut oser lui dire les choses, sans pour autant anéantir son moral.

Surtout, ne jamais faire de comparaison

Tel ancien partenaire avait le même souci, tel autre « tenait » une éternité, avec tel autre encore, ça allait mieux dans une position donnée… : ces références engendrent un malaise pénible, voire catastrophique, et qui n’arrangera absolument rien du tout.

Ne pas le décourager

Eviter absolument le coup du « je n’ai pas envie, pour que ça se passe comme la dernière fois, non merci ». Il y a aussi la situation inverse, et cela pourrait paraître étonnant à certain(e)s. Malgré l’éjaculation prématurée, « sa manière de vous faire l’amour vous satisfait pleinement », par une recherche du plaisir qui rend la pénétration, disons, secondaire. Mais même dans ce cas, si le partenaire souhaite s’améliorer sur ce dernier point, il convient de l’y encourager.

Ne pas le menacer

Exprimer son insatisfaction, c’est une chose ; laisser planer la menace – claire ou diffuse - d’y remédier en allant « voir ailleurs », c’est très différent. « S’il connaissait la solution à son problème, il l’aurait déjà mise en œuvre », expliquent Catherine Solano et Pascal De Sutter. « Vos menaces vont le faire paniquer, le terroriser, ce qui n’arrangera certainement rien. »

2° – Ce qui faut privilégier sur le plan relationnel

Le bon côté des choses

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Le désir est très présent (l’excitation sans doute trop…), les préliminaires souvent aussi (avec insistance, souvent pour compenser la rapidité qui suit)… : ces aspects peuvent être utilement mis en évidence, afin de renforcer la confiance de l’homme, et qu’il ne s’imagine pas « nul au lit ».

Ce qui fonctionne bien

Notamment la qualité de l’érection ou la capacité de « récupération »… : ces points positifs méritent d’être évoqués.

Proposer son aide

Message-clé : contrôler son éjaculation, cela s’apprend. « On peut avancer ensemble, je peux t’aider, et cela peut nous permettre de mieux nous épanouir sexuellement. »

Vous aussi ?

La femme a sans doute elle aussi, à un moment ou à un autre, connu des difficultés lors du rapport sexuel (douleurs, blocage, absence de désir…) : pourquoi ne pas en faire part au partenaire, et instaurer ainsi une meilleure compréhension mutuelle ?

Dire la vérité

« J’aime faire l’amour avec toi, je te désire, je voudrais te sentir en moi longtemps, et c’est vrai que cette rapidité m’embête » : poser le constat, confier ses sentiments, mais tout en dégageant une issue, c’est-à-dire la perspective d’améliorer, à deux, la situation.

A ce propos, si la nécessité s’en fait sentir, proposez de consulter ensemble un sexologue, plutôt que de lui conseiller d’aller voir tout seul un médecin. Dans leur livre, Catherine Solano et Pascal De Sutter proposent des techniques et des exercices, à réaliser seul ou en couple. « Agir dédramatise et diminue l’angoisse », précisent-ils.

3° – Comment faire sur le plan pratique ?

Faire l’amour plus souvent

Plus un homme pratique souvent, mieux il arrive à contrôler ses éjaculations. Par ailleurs, s’il se sent découragé, il aura tendance à espacer les rapports sexuels, et la situation empirera. Les deux sexologues concèdent que le conseil est délicat à donner de leur part, mais ils suggèrent à la partenaire de consentir, durant un temps tout au moins et sans jamais se forcer, des rapports sexuels peut-être peu « éblouissants » au début, en sachant néanmoins qu’ils permettront de faire avancer les choses. Le principe incontournable, c’est que le couple progresse ensemble.

Eviter de démarrer en trombe

Il faut privilégier la montée lente et sensuelle du désir : un homme qui éjacule trop rapidement n’a pas besoin – que du contraire – d’une « surexcitation » initiale. En fait, lors des préliminaires, qui demeurent extrêmement précieux, il est important de prendre son temps et de « répartir » l’excitation sur tout le corps.

Identifier les positions avantageuses

Cela ne fonctionne pas pour tous, évidemment, mais les positions avec l’homme en dessous de la femme sont, a priori, les plus favorables pour retarder l’éjaculation, en raison de tensions musculaires moindres.

Lui faire l’amour

« Ne fais rien, je m’occupe de tout ». Pourquoi procéder de cette manière (pas toujours, forcément : du reste, rappelons que tous les conseils donnés ici n’ont pas une portée universelle ; chaque couple y puisera ce qui lui semble le plus propice) ? Réponse : « Quand un homme souhaite mieux contrôler son plaisir, il a tendance à trop agir dans cette optique. Il est donc systématiquement dans l’action quand il fait l’amour. Lui dire de ne rien faire est un puissant soulagement pour lui et pour son corps, qui peut enfin se détendre. Ce changement très important permet souvent de faire durer beaucoup plus longtemps le rapport sexuel ».

Lui proposer des arrêts périodiques

L’homme hésite à interrompre le mouvement de va-et-vient, par crainte de frustrer sa partenaire. La question est de savoir ce qui est les plus contrariant : quelques arrêts périodiques, ou que tout soit fini avant même d’avoir commencé, ou presque ?

Rassurez-le, dites-lui que faire des pauses pour mieux repartir n’est pas la fin du monde. Progressivement, avec la pratique, ces arrêts seront de plus en plus espacés, et ce processus participe à l’amélioration de la capacité à contrôler son éjaculation, à « sentir » l’imminence du point de non retour. Rester immobiles l’un dans l’autre, quelques minutes, à apprécier les corps sensuellement emboîtés : « C’est beau, tendre, et ça calme l’excitation ».

La pénétration, et le reste

« Un homme qui éjacule trop vite a toujours ce qu’il faut pour procurer un orgasme clitoridien » : il est bon de le lui rappeler… tendrement. Encore que le scénario ne doit pas devenir rigide, au risque de le convaincre que « Je la fais jouir du clitoris, j’ai fait mon devoir, je peux la pénétrer et éjaculer en vitesse ». A nouveau, ceci s’inscrit dans une approche à la fois globale et personnalisée. Et surtout, surtout, il faut privilégier, de part et d’autre, la tendresse, les mots d’amour, la détente.

Et pourquoi ne pas faire l’amour le plus vite possible ?

Un conseil déroutant. Au lieu de penser comme d’habitude « Il va falloir que j’essaie de me retenir », c’est un changement radical de perspective pour l’homme. Et il apparaît que « pour lui, faire l’amour sans penser à se retenir peut se révéler une telle libération que cela peut changer ses habitudes éjaculatoires ».


publié le : 09/02/2012 , mis à jour le 20/12/2018
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