Quelles solutions contre l'allergie au pollen ?

Dernière mise à jour: avril 2017 | 2 réactions | 52051 visites

dossier Le saule, le peuplier, le frêne, le noisetier ou encore - et surtout - le bouleau : le printemps est pénible pour les (nombreuses) personnes sensibles aux allergies saisonnières. Fin mai, début juin, ce sont les pollens de graminées qui font leur apparition, avant de proliférer durant deux mois. Yeux larmoyants, nez bouché, éternuements, chat dans la gorge, oreilles qui démangent… : le rhume des foins frappe fort.

Comment réagir ?

Les estimations indiquent que 20% de la population souffre de rhinite allergique saisonnière. Les symptômes se manifestent à des degrés divers, bien sûr, mais à un point tel cependant - comme l’a montré une enquête réalisée auprès des médecins généralistes - que huit à neuf patients sur dix affirment qu’ils handicapent leur activité professionnelle et, plus globalement, leur existence quotidienne. Un réel problème de santé publique, donc, sur lequel s’est penché le Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP). Question : quelle est la prise en charge la plus indiquée ?

Point de départ : l’approche médicamenteuse du rhume des foins est avant tout un traitement de soulagement, sachant que cette affection ne s’accompagne pas de complications graves (sauf situations spécifiques, bien entendu, comme pour les asthmatiques).

Ce qui implique que les bénéfices et les inconvénients, en termes de coût et d’effets indésirables, doivent être évalués avec le patient. Dans ce contexte, de nombreuses options thérapeutiques sont proposées, des produits locaux à ceux administrés par voie orale ou encore la désensibilisation.

Où en est-on à propos de l’intérêt des unes et des autres ? Le CBIP a mené l’enquête, en se référant aux études les plus fiables réalisées dans ce domaine.

Les médicaments à usage oral

À l’instar des produits à usage nasal, ils atténuent les manifestations du rhume des foins, mais ne s’attaquent pas à sa cause (l’hypersensibilité au pollen). Dans cette catégorie, les antihistaminiques sont certainement le recours le plus indiqué. La cétirizine apparaît en bonne place, tout comme la loratadine.

Le CBIP note que ces substances paraissent efficaces et bien supportées, ajoutant que les différences entre les divers produits semblent négligeables. Tous présentent un effet favorable sur la plupart des symptômes, encore que leur action sur la congestion nasale reste limitée. Il est à souligner qu’ils induisent une interaction nuisible avec l’alcool. Quant aux corticostéroïdes (par voie orale, toujours), il est généralement admis qu’ils peuvent être utilisés pendant une courte période dans des cas exceptionnels.

Les traitements locaux et la désensibilisation

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Ici, les corticostéroïdes trouvent toute leur place, à la fois pour apaiser les désagréments nasaux, mais aussi la conjonctivite. Il est recommandé d’instaurer le traitement au moins une semaine avant la période critique. Les antihistaminiques sont intéressants (sauf pour les troubles oculaires). Le cromoglicate apparaît également efficace (avec cependant une longue période de latence). Si les vasoconstricteurs libèrent énergiquement le nez, ils ne doivent pas intervenir au-delà de quelques jours (risque de dépendance, avec atrophie progressive de la muqueuse nasale).

Les préparations ophtalmiques sont à recommander lorsque les symptômes de la conjonctivite restent gênants malgré d’autres traitements ou en présence d’une conjonctivite uniquement.

La désensibilisation est efficace, mais étant donné le risque de problèmes sérieux, bien que rares, elle doit être réservée aux patients présentant des symptômes sévères et ne répondant pas suffisamment aux traitements classiques.

Enfin, le CBIP estime que la médication homéopathique ne semble pas plus efficace que le placebo dans la rhinoconjonctivite allergique saisonnière. Et par placebo, on entend, par exemple, de l’eau plate.

Plus malins que le pollen

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Au-delà de la prise en charge thérapeutique, quelques conseils simples vous permettront de beaucoup mieux combattre l’invasion des pollens.

• Profitez des jours de pluie ou d’une averse passagère pour aérer la maison : la pluie balaie les pollens présents dans l’air, dont la concentration chute dès lors aussitôt.
La quantité de pollen atteint son pic entre 6 h et 10 h du matin. Si vous souhaitez vous balader, évitez autant que possible cette tranche horaire et privilégiez la fin de l’après-midi ou le soir, lorsque les plantes se mettent en repos de pollinisation.
• Le port de lunettes freine la quantité de pollen qui pénètre dans les yeux.
• Tenez-vous éloigné des arbres qui produisent le plus de pollen : bouleaux, frênes, érables, peupliers, noyers et chênes.
• La pollinisation de la plupart des fleurs de jardin se fait par les insectes et non par le vent. Pas trop de soucis de ce côté-là, donc, sauf en ce qui concerne les mauvaises herbes et la pelouse. Une méthode radicale suggère d’éradiquer cette dernière, par exemple en l’asphaltant. C’est oublier un peu vite que le gazon des voisins ne disparaîtra pas pour autant et enverra toujours autant de pollen de votre côté.
• Méfiez-vous des irritants, qui fragilisent encore davantage et contre lesquels les antihistaminiques n’ont aucun effet. On pense aux poils d’animaux domestiques, à la fumée de cigarette, à la poussière domestique ou aux émanations des produits de nettoyage.
• Chaque fois que vous sortirez, du pollen se déposera sur vos vêtements, sur votre peau et sur vos cheveux. Rincez-vous le visage à l’eau plusieurs fois durant la journée, prenez une douche en rentrant à la maison, lavez ou rincez vos cheveux, et changez-vous.
• Même si beaucoup aiment laisser sécher leur linge sur une corde à l’extérieur, qu’ils l’évitent durant les phases critiques de pollinisation : les vêtements et les draps de lit agissent comme des filtres de rétention du pollen.

Que propose l’homéopathie ?

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Même si leur efficacité thérapeutique fait l’objet de solides controverses (lire ci-dessus), les traitements homéopathiques contre le rhume des foins rencontrent un franc succès. Avant d’y venir, un mot sur les compléments nutritionnels, qui peuvent aider à traverser plus sereinement les périodes difficiles. Il en va ainsi de la vitamine C (par son effet antioxydant sur les cellules des voies respiratoires), de la vitamine B5 (décongestion nasale) ou des acides gras oméga-3 (qui atténuent les inflammations de la gorge).

Quant à l’homéopathie, voici l’un des tableaux de marche possibles :

En phase préparatoire
Un mois avant la période de prolifération des pollens, prendre cinq granules par jour de Pollen 15 CH ou trois granules matin et soir d’Histaminum 9 CH.

En phase critique
Optez soit pour les complexes homéopathiques, soit poursuivez la prise d’Histaminum 9 CH, en la complétant en fonction des symptômes, selon le schéma suivant.
• Yeux larmoyants et écoulement nasal irritant : Allium cepa 9 CH + Euphrasia officinalis 9 CH, sur base de trois granules en alternance toutes les deux heures. Les prises seront espacées au fur et à mesure de l’amélioration des symptômes.
• Éternuements en salve et démangeaison du voile du palais : Sabadilla officinarum 5 CH, sur base de trois granules toutes les deux heures.
• Yeux rouges et gonflés : Allium cepa + Apis mellifica 5 CH, sur base ici aussi de trois granules en alternance toutes les deux heures.

Rappelons que ceci n’est qu’une des options disponibles. On pointera ainsi, comme autres recours suggérés, Arsenicum album, Nux vomica ou encore Ipeca. En tout état de cause, discutez-en avec votre pharmacien ou avec votre médecin. Et n’oubliez pas ce truc tout simple, mais diantrement efficace : après vous être mouché, enduisez systématiquement l’intérieur de votre nez de lubrifiant tout usage naturel et sans alcool. Une solide barrière contre les pollens !

Les cliniques de l’allergie

Pour une très large majorité de patients, le médecin généraliste s’impose comme l’interlocuteur privilégié pour la prise en charge de la rhinite allergique saisonnière. Toutefois, dans les cas sévères ou résistants aux traitements classiques, il peut être nécessaire de se tourner vers un spécialiste ou vers une clinique de l’allergie.

L'objet d'un tel centre va bien au-delà du rhume des foins, évidemment. Le caractère particulièrement intéressant de cette structure repose sur le fait que les spécialistes travaillent en interaction étroite, pour orienter les patients en fonction d’exigences liées au diagnostic ou au suivi du traitement. Pneumologie, ORL, pédiatrie, dermatologie... : tous ces services sont impliqués, de manière coordonnée, dans la prise en charge des pathologies allergiques. Consultations multidisciplinaires et éducation du patient constituent les deux piliers de cette approche.

La situation en direct

Belgique : Airallergy

France : Réseau national de surveillance aérobiologique

Europe (tous les pays) : Pollen Info


publié le : 13/04/2017 , mis à jour le 12/04/2017

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