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L’hystérectomie

L’hystérectomie ou l’ablation de l’utérus est une opération qui consiste à enlever l’utérus (avec ou sans le col). Le chirurgien en profitera généralement pour enlever les trompes de Fallope et les ovaires. Tout dépend bien entendu de l’âge de la patiente et des causes qui ont nécessité cette intervention.

Hystérectomie : pourquoi ?

L’ablation de l’utérus permet de solutionner de nombreuses pathologies gynécologiques et de soulager diverses plaintes voire douleurs.

Les fibromes
Fibromes, fibromyomes ou myomes…sont tous des synonymes. Il s’agit de grosseurs bénignes qui sont localisées dans la paroi utérine. La plupart des fibromes sont responsables de règles abondantes. Leur croissance est induite par les hormones féminines que sont les oestrogènes. Les fibromes peuvent devenir tellement gros qu’ils peuvent appuyer sur la vessie ou d‘autres organes. Dès qu’un fibrome provoque des plaintes ou qu’il grossit trop, il convient d’opter pour un traitement adapté. Il peut s’agir d’un traitement médicamenteux qui consiste à le dessécher (surtout si la patiente n’a pas un désir d’enfant) ou alors d’opter pour une intervention chirurgicale. Il peut arriver que l’on procède à l’ablation de l’utérus ou simplement à l’ablation dudit fibrome.

Endométriose ou « kystes chocolat »
La paroi interne de l’utérus est recouverte par l’endomètre. Lorsqu’il y a endométriose, on assiste à la prolifération de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, dans la cavité abdominale, le péritoine voire le petit bassin. Les ovaires peuvent s’engorger de sang. Ce dernier épaissi ressemble à du chocolat au niveau de la couleur d’où le nom de ‘kystes chocolats’. Parmi les symptômes typiques d’une endométriose, on dénombre des règles douloureuses et une diminution de la fertilité. L’endométriose peut être traitée par médicaments ou en opérant surtout si les douleurs sont intenses.

L’adénomyose
La muqueuse utérine est enfoncée beaucoup plus profondément que de coutume dans la paroi musculaire utérine. Cette pathologie concerne essentiellement des femmes de plus de 40 ans. L’adénomyose peut entraîner des règles douloureuses et abondantes. L’utérus est plus gros et douloureux à la palpation. Le traitement en première instance est un traitement hormonal médicamenteux. Si ce type de solution n’est pas assez efficace, on proposera une ablation de l’utérus.

Affaissement ou prolapsus de l’utérus ou du vagin
Les ligaments qui maintiennent l’utérus en place se détendent lors de la grossesse ou avec le vieillissement. L’utérus peut s’affaisser, descendre (une descente d’utérus) et même sortir du vagin. Les organes aux alentours peuvent perdre de leur élasticité : c’est par exemple le cas de la vessie ou
des intestins.
La patiente ressentira souvent une douleur dans le bas-ventre comme un poids ou une pression, des douleurs dans le bas des reins, une sensation de pression au niveau vaginal, des fuites urinaires incontrôlées et des problèmes lors de la défécation. Des infections urinaires sont fréquentes. Des douleurs seront ressenties en position assise, lors des relations sexuelles et en position assise. L’affaissement ne doit être traité que s’il est symptomatique : il peut s’agir en première instance d’une phytothérapie avec des exercices au niveau du plancher pelvien ou alors d’une opération.

Cancer

Le cancer du col de l’utérus, de l’endomètre ou des ovaires peut entraîner ce type d’intervention chirurgicale.

L’opération

Le gynécologue pourra ôter l’utérus de diverses manières :
• Via une hystérectomie abdominale avec une incision abdominale,
• Via une hystérectomie vaginale où l’utérus sera enlevé via le vagin,
• Via une laparoscopie ou une hystérectomie vaginale assistée en combinaison avec une laparoscopie opérative et une hystérectomie vaginale.

L’anesthésie

Une hystérectomie est toujours pratiquée sous anesthésie générale.

Le déroulement de l’opération

Une laparotomie ou hystérectomie abdominale
Il s’agit de procéder à l’ablation de l’utérus via une incision pratiquée dans l’abdomen. Les organes seront donc bien visibles. On optera pour cette technique si l’utérus est très gros ou si d’autres problèmes ont été observés dans la paroi abdominale. L’incision peut se pratiquer de 2 façons. Le plus souvent, le gynécologue pratiquera une incision horizontale au ras des poils pubiens, c’est l’incision ’bikini’ sur une longueur de 10 à 15 cm qui disparaîtra sous le slip.
Parfois, il pratiquera une incision verticale qui ira des poils pubiens jusqu’au nombril. On pratique ce type d’incision s’il y a déjà eu une cicatrice d’une précédente intervention ou s’il faut intervenir dans la partie supérieure de l’abdomen. C’est souvent le cas pour des tumeurs malignes. Souvent l’ablation de l’utérus ne nécessitera pas l’ablation du vagin.

Une hystérectomie vaginale
L’utérus est enlevé et passera par le vagin. La patiente conservera une petite cicatrice au sommet du vagin. Cette technique opératoire est particulièrement indiquée en cas d’affaissement de l’utérus et s’il n’est pas trop gros.

Une laparoscopie
Si l’utérus n’est pas trop gros et s’il est suffisamment affaissé pour être enlevé via le vagin, on optera pour une laparoscopie. Le gynécologue pratiquera 2 ou 3 incisions d’environ un cm chacune dans la cavité abdominale. Via l’une de ces incisions, il introduira le laparoscope dans le ventre. Il s‘agit d’un long tuyau fin muni d’une petite caméra. Via les autres incisions, le praticien fera passer les instruments nécessaires à l’ablation de l’utérus.
Grâce au laparoscope, le gynécologue pourra visualiser toutes les étapes de l’opération sur écran. La patiente ne conservera que de petites cicatrices sous le nombril et dans l’aine. La convalescence avec une telle technique sera de courte durée. Le col de l’utérus pourra même parfois être conservé.

Faut-il enlever le col de l’utérus ?

Si le col de l’utérus n’est pas endommagé ou atteint par des cellules cancéreuses, il n’est pas nécessaire de procéder à son ablation. Lors d’une opération par voie vaginale, le chirurgien devra procéder à son ablation pour des raisons purement techniques. Si le col de l’utérus est maintenu en place, la patiente n’aura pas de cicatrices au niveau vaginal. Bien que l’on ne dispose d’aucune donnée scientifique en la matière, certaines femmes ayant subi l’ablation l’utérus avec maintien du col, seront plus épanouies sexuellement. Un frottis (tous les deux ans) de dépistage du cancer du col de l’utérus reste dans ce cas obligatoire.

Doit-on procéder à l’ablation des ovaires ?

Les gynécologues sont généralement d’accord pour affirmer qu’il n’est pas souhaitable – avant la ménopause – de procéder à l’ablation systématique des ovaires sauf si certaines pathologies l’exigent. L’ablation des ovaires signifie que la patiente sera immédiatement ménopausée après l’intervention chirurgicale. Des problèmes de libido peuvent entrer en compte. Certains gynécologues sont partisans de l’ablation des ovaires car on diminue ainsi fatalement tout risque de cancer ovarien dans le futur. Il convient de discuter de tout ceci avec le gynécologue avant l’opération. Un seul ovaire peut être ôté. L’autre suffira à produire suffisamment d’hormones pour que la patiente ne soit pas ménopausée.

Après l’opération

Une sonde urinaire – peu agréable – sera mise en place pendant un ou deux jour(s). La patiente devra se lever le second jour après l’opération afin entre autres d’éviter la formation de caillots sanguins et d’éviter les risques de phlébite et de thrombose. Un drain aura parfois été placé au niveau de la plaie pour évacuer le sang vicié mais on le retirera après quelques jours. Les intestins auront été mis au repos durant l’intervention. Il leur faudra plusieurs jours pour refonctionner normalement. Les patientes pourront observer des flatulences, une sensation de ballonnement. On vous administrera les 2 premiers jours une alimentation liquide qui est plus digeste. La patiente souffrira de maux de ventre après l’opération et ce, même si l’utérus aura été enlevé via le vagin ou par laparoscopie. Des antidouleurs seront administrés. Les points de suture seront retirés après environ une semaine. Il conviendra durant la première semaine de couvrir la cicatrice à l’aide d’un pansement qu’il faudra changer tous les jours. Après une hystérectomie, la patiente aura durant environ 2 semaines des pertes de sang assimilées à des règles. Il convient d’éviter d’utiliser des tampons hygiéniques. Afin de favoriser une cicatrisation optimale de l’incision au sommet du vagin, il est recommandé d’éviter les relations sexuelles au moins pendant 6 à 8 semaines. Si vous avez une cicatrice ‘bikini’, la peau à cet endroit pourra être sensible même après 6 à 12 mois. Un examen de contrôle sera pratiqué très régulièrement.

La durée de l’hospitalisation dépendra du type d’opération et de l’état de santé de la patiente. Si vous avez subi une hystérectomie abdominale, le séjour en clinique sera plus long que lors d’une hystérectomie vaginale. Il faut en général compter 1 semaine. En cas de laparoscopie, le séjour sera nettement plus court. Le repos est le meilleur des remèdes et vous aurez besoin d‘aide dès votre retour à la maison. La convalescence variera d’une personne à l’autre.
Il faut compter un bon mois bien qu’avec une laparoscopie cela sera de plus courte durée. Il faudra éviter de porter des charges trop lourdes. Vous pourrez prendre une douche ou même un bain. Il est recommandé d’éviter les relations sexuelles durant au moins 6 semaines.

Les complications postopératoires sont très rares.

Les hémorragies ou saignements durant et après l’opération peuvent être importants. On peut recommander une supplémentation en fer afin d’éviter tout risque d’anémie ou même une transfusion sanguine. On observe parfois une hémorragie postopératoire au niveau vaginal ou dans la paroi abdominale, ce qui ralentira la convalescence. Parfois, une seconde opération sera nécessaire en urgence. Tant une cicatrice interne qu’externe peut être infectée. Afin d’éviter tout souci, une antibiothérapie sera démarrée le jour de l’opération. La sonde urinaire pourra entraîner une infection urinaire. Des antibiotiques seront également proposés et lorsque la sonde sera retirée, on procèdera à des contrôle urinaires afin d’éviter tous risques.

Conséquences à long terme

La grossesse
Sans utérus, une grossesse n’est plus possible et il n’y aura plus de règles menstruelles.

La ménopause
Si vous n’étiez pas ménopausée avant l’opération et que les ovaires et les trompes de Fallope ont été retirés lors de l’intervention chirurgicale, vous serez ménopausée du jour au lendemain. Votre organisme devra s’habituer d’un seul coup à ce manque d’hormones féminines.
Des symptômes spécifiques à la ménopause se feront sentir : bouffée de chaleur, irritabilité, sécheresse des muqueuses, sentiments dépressifs etc.
Le gynécologue pourra prescrire des hormones de substitution ou des médicaments pour lutter contre ces effets inhérents à la ménopause.

Des problèmes urinaires
On observe souvent des problèmes urinaires comme des fuites urinaires, de l’incontinence urinaire. C’est peut-être dû au fait que le gynécologue au cours de l’opération aura dû détacher la vessie de l’utérus. Ces plaintes disparaîtront généralement au fil du temps.

Sexualité
La sexualité peut changer suite à une telle opération. C’est au cas par cas. Certaines femmes se sentent davantage libérées car le risque d’une grossesse est définitivement écarté. Pour d’autres, il n’y a rien qui change. Certaines ne se sentent plus ‘femme’ et le fait que leur appareil reproducteur leur a été enlevé les perturbe fortement. D’autres éprouvent nettement moins de plaisir, constatent une perte de libido.
Chez beaucoup d’entre elles, l’orgasme est moins fort et le laps de temps nécessaire pour atteindre l’orgasme sera nettement plus long que précédemment. L’orgasme sera moins intense et plus court. Certaines sont atteintes d’anorgasmie. Certaines se plaignent de ne plus ressentir les contractions utérines lors des pénétrations sexuelles. Certaines femmes aiment sentir le pénis de l’homme contre le col de l’utérus et cela ne sera désormais plus le cas.

Les réactions émotionnelles
Certaines femmes éprouvent un sentiment de manque, de perte…elles ont l’impression qu’on leur a enlevé une partie de leur féminité et sombrent souvent dans la dépression. C’est d’autant plus souvent le cas, si l’opération a été pratiquée en cas de cancer ou si la femme avait encore un désir d’enfant. Dialogues, discussions avec le partenaire et le gynécologue voire avec un psychologue peuvent s’avérer indispensables. Contrairement aux idées reçues, la femme ne grossit pas nécessairement après une telle intervention.

Quelques questions qui titillent

Dois-je encore faire un frottis de dépistage du cancer du col de l’utérus ?
Si l’utérus et le col de l’utérus ont été enlevés, un frottis ne sera plus nécessaire sauf si vu les antécédents, votre gynécologue le préconise. Si le col de l’utérus a été préservé, le frottis sera indispensable.

Où s’écoule le sperme ?
Le sperme se nichera dans le vagin et s’écoulera du vagin après l’acte sexuel comme précédemment. Il n’y aura pas de fécondation possible.

Le vagin est-il moins profond ?
Il conserve la même longueur.

A quoi le vagin est-il relié ?
Le vagin ne pend pas dans le vide après l’opération. Ses parois latérales sont rattachées aux parois pelviennes.

La plaie peut-elle s’ouvrir au gré des activités ?
La plaie aura été fermée avec des sutures qui se dissoudront après 3 mois. Entretemps les tissus auront eu le temps de se fermer complètement. La plaie ne peut donc pas éclater soudainement. Néanmoins, faites attention à ne pas en faire trop au début car une hernie peut se former à l’endroit de la cicatrice.

Que se passe-t-il avec ce volume vide au sein de la paroi abdominale?
Cet espace désormais vide est très vite comblé par les intestins.

publié le : 03-02-2011   |  mis à jour : 18-03-2011

 

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Commentaires/Réactions

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