Migraine : causes, symptômes et traitements

Dernière mise à jour: juillet 2017 | 17160 visites
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Migraine : causes, symptômes et traitements

dossier La migraine affecte une proportion considérable de la population, sachant que les femmes seraient trois fois plus touchées que les hommes. Ses conséquences peuvent être très lourdes. Causes, symptômes et traitements : que faut-il savoir ?

Selon les estimations, qui sont très variables, la migraine concerne entre 2 et 10% des hommes et entre 5 et 25% des femmes. Ces larges fourchettes s'expliquent par le fait que tous les patients ne sont pas diagnostiqués et traités (on procède donc par estimations). Les premières crises peuvent survenir dès l'enfance.

Les symptômes

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La migraine est caractérisée par des épisodes (les crises) d’une intensité modérée à sévère. Le mal de tête est unilatéral (la moitié du crâne), pulsatile, souvent accompagné de nausées et/ou de vomissements, et il est aggravé par l'effort physique (même léger). Une crise classique dure de 4 à 72 h, peut perturber fortement la vie quotidienne, et est parfois précédée de signes annonciateurs (prodrome) que le patient identifie assez facilement.

La crise produit souvent de la photophobie (la lumière est insupportable) et/ou de la phonophobie (sensibilité aux sons).

Le degré de sévérité d'une crise est variable : de faible à puissant, avec dans ce dernier cas une douleur extrême. Lorsque la céphalée s'est calmée, le patient ressent une profonde fatigue, qui peut perdurer plusieurs jours.

La migraine avec aura

Dans 15 à 25% des cas, la migraine est accompagnée de phénomènes sensoriels, appelés « aura ». Ils précèdent la crise, qui survient environ une heure plus tard.

Les auras les plus fréquentes sont de type ophtalmique : la vision (champ visuel) est perturbée par l'apparition de points scintillants, de petites taches, de lignes... Une cécité temporaire peut être observée à un oeil.

D'autres troubles peuvent être présents : engourdissement de la main, de l’épaule, d‘une partie du visage ou de la langue, fourmillements autour de la bouche, difficultés d'élocution, hallucinations...

Les causes

Elles ne sont pas complètement élucidées. Un phénomène de vasodilatation (dilatation des vaisseaux sanguins) a été caractérisé, mais s'agit-il d'une cause ou, plus probablement, d'une conséquence de la maladie ? Le rôle de certains neurotransmetteurs du cerveau (sérotonine et noradrénaline) est étudié de très près, car il est probable qu'ils interviennent de manière cruciale. Les plus récentes études penchent pour un processus inflammatoire affectant le système nerveux.

La migraine porte une composante héréditaire, avec l'implication de plusieurs gènes dont le rôle et les interactions restent à identifier.

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Une série de facteurs de risque susceptibles de déclencher une crise sont connus : stress, surmenage, règles, caféine, effort physique, mauvais sommeil, froid, vent, odeurs fortes, repas copieux, faim, alcool... En fait, chaque patient peut être sensible à l'un ou l'autre de ces facteurs, à plusieurs, ou à aucun...

Concernant plus spécifiquement les menstruations, environ 60% des femmes qui souffrent de migraine l’associent aux règles, soit avant, soit pendant. La ménopause atténue-t-elle la migraine ? En tout cas, 50% des femmes migraineuses ménopausées disent n'avoir observé aucun changement, et 25% continuent à souffrir de crises sévères. La grossesse jouerait un rôle bénéfique, alors que la pilule contraceptive accentuerait les crises.

Le diagnostic

La migraine sans aura

A - Au moins cinq crises qui répondent aux critères B - D.

B - Les crises durent de 4 à 72 h.

C - Maux de tête avec au moins 2 des caractéristiques suivantes :

- douleur unilatérale
- douleur pulsatile
- douleur modérée à sévère qui s’aggrave avec les activités quotidiennes
- douleur qui s'aggrave lors d’un effort physique, même léger (comme monter les escaliers)

D - Au moins l’un des symptômes suivants durant la crise :

- nausées, vomissements
- photo et/ou phonophobie

E - Les maux de tête ne sont pas causés par un autre trouble.

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La migraine avec aura

A - Au moins deux crises qui répondent aux critères B - D.

B - L’aura comprend au moins un des critères suivantes :

- symptômes visuels complètement réversibles
- symptômes sensoriels complètement réversibles
- troubles de la parole complètement réversibles

C - Au moins deux des caractéristiques suivantes :

- symptômes visuels bilatéraux ou symptômes sensoriels unilatéraux
- au moins un symptôme aura se développe progressivement en cinq minutes, et/ou différents symptômes se succèdent en cinq minutes
- chaque symptôme dure au moins 5 minutes et moins de 60 minutes

D - Les maux de tête répondent aux critères B - D de la migraine sans aura, et apparaissent pendant l'aura ou endéans les 60 minutes.

E - Les maux de tête ne sont pas causés par un autre trouble.

Les traitements

Si certains aliments paraissent favoriser le déclenchement d'une crise de migraine, il est évidemment recommandé de les éviter. Les techniques de relaxation peuvent donner de bons résultats, ainsi que la thérapie cognitive.

Chez l’enfant, le repos est le meilleur remède lors d'une crise, avec du paracétamol pour soulager la douleur. Les triptans peuvent être envisagés, mais seulement après évaluation par un neuro-pédiatre (idem pour un traitement de fond).

Chez l'adulte, quels sont les médicaments possibles ?

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Le traitement de la crise

Le médecin prescrit au départ les médicaments qui présentent la balance risques - bénéfices (effets secondaires / efficacité) la plus favorable. Si cela ne suffit pas, il passera à des médicaments plus ciblés, mais qui peuvent présenter davantage d'effets indésirables.

Stade 1. Administration de paracétamol (douleur) et de métoclopramide ou de dompéridone (antivomitifs). La combinaison paracétamol, acide acétylsalicylique (aspirine) et caféine est également envisageable.

Stade 2. Si le stade 1 n'a pas eu d'effet suffisant, le métroclopramide ou la dompéridone sont associés à un anti-inflammatoire non stéroïdien (Ains) comme l’ibuprofène ou le naproxène.

Stade 3. Si les stades 1 et 2 ne suffisent pas, on peut passer aux triptans. Ces médicaments doivent être pris dès les premiers signes de déclenchement d'une crise. L'administration sous-cutanée (injection) semble la plus efficace, mais ces médicaments peuvent aussi être pris par voie rectale, nasale (spray) ou orale. Il est déconseillé d’administrer une seconde dose de triptans durant la même crise migraineuse. Parmi les principaux effets secondaires des triptans, on relève des nausées, des vomissements, de la fatigue, des vertiges et une sensation d’oppression dans la poitrine. Les personnes souffrant d'une maladie coronarienne ne peuvent pas prendre de triptan.

L’ergotamine est de moins en moins prescrite puisque les triptans sont plus efficaces et qu’ils risquent moins de provoquer des migraines médicamenteuses.

Le traitement de fond

L'objectif du traitement de fond consiste à réduire la fréquence et l'intensité des crises. Il est proposé en cas de crises fréquentes (à partir de trois par mois) et/ou invalidantes (avec un retentissement important sur les activités quotidiennes).

Le traitement de fond repose sur l'administration de médicaments comme le propranolol (bêta-bloquant), le valproate de sodium (antiépileptique) ou encore l'amitriptyline (antidépresseur). Les études relatives à l'efficacité de l’homéopathie et de la phytothérapie sont de mauvaise qualité et peu significatives.

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La migraine menstruelle

Il s’agit d’une migraine qui démarre par une crise le premier jour des règles, ou maximum deux jours avant ou après le début, chez des femmes qui n’ont pas de migraine à un autre moment du cycle. Il s’agit le plus souvent de crises sans aura. On préconise le paracétamol et les Ains.

La pilule contraceptive et la migraine

Chez les femmes qui prennent la pilule, les crises de migraine sont plus fréquentes durant la semaine qui coïncide avec l’arrêt de la pilule. Il peut être utile de changer de type de pilule contraceptive (vers une pilule monophasique) ou de choisir un autre moyen de contraception. Les risques d’AVC sont plus élevés chez les migraineuses qui prennent la pilule, surtout en cas de migraine avec aura.

Le traitement pendant la grossesse

Une grande partie des patientes migraineuses en souffrent nettement moins durant la grossesse. Si des médicaments sont nécessaires, le médecin peut observer le même schéma qu'habituellement (d'abord le paracétamol), et l’utilisation des Ains est fortement déconseillée au troisième trimestre. En cas de crise grave, l'administration d'un triptan peut être envisagée.

Pendant l'allaitement, on conseille le paracétamol à faible dose et pour une courte durée, ou alors un Ains (ibuprofène), ou un triptan à dose limitée. Il est recommandé d’éviter d'allaiter immédiatement après l’absorption d'un triptan.



publié le : 13/07/2017 , mis à jour le 12/07/2017

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