Endométriose : quel est le rôle de l'alimentation ?

Dernière mise à jour: mai 2017 | 15643 visites
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conseil Il semble tout à fait plausible que certains produits ou pratiques alimentaires aient un effet sur l’apparition de l’endométriose et/ou sur l’évolution de ses symptômes. Divers aliments peuvent en effet intervenir sur les processus qui jouent un rôle dans le développement de la maladie.

• Des aliments ou des composants alimentaires peuvent avoir un effet positif ou négatif sur les mécanismes de l'inflammation qui sont une composante importante de l’endométriose.

• Des aliments ou des composants alimentaires affectent l’équilibre hormonal et peuvent par exemple inhiber ou stimuler l’action des oestrogènes, qui jouent un rôle important dans l'endométriose.

• Des aliments contiennent des antioxydants, qui inhibent l’action de certaines substances agressives (radicaux libres) qui peuvent déclencher des réactions indésirables (stress oxydatif) et endommager les cellules et les tissus. Le stress oxydatif pourrait jouer un rôle dans l’apparition de l’endométriose.

• Des produits alimentaires peuvent contenir des oestrogènes ou des perturbateurs endocriniens. Cela peut augmenter le risque d’endométriose.

Le problème, c’est qu’il existe peu d'études fiables à ce sujet, et quand elles suggèrent (ce n'est pas le cas de toutes) un bienfait associé à l'alimentation, les preuves manquent souvent de solidité.

Quelles sont les recommandations les plus courantes et les études scientifiques récentes sur l’alimentation et l’endométriose ?

1° - Moins d’acides gras trans ?

Les acides gras trans ou graisses hydrogénées sont des graisses saturées malsaines. On les trouve principalement dans les aliments transformés. Plusieurs recherches suggèrent un lien possible entre leur consommation et le risque d’endométriose. Une explication possible est que ces graisses stimulent plusieurs « détonateurs » de l'endométriose.

Conclusion : de toute façon, ces graisses sont à éviter parce qu’elles augmentent également le risque de maladie cardiovasculaire.

2° - Moins de graisses saturées ?

Une alimentation trop riche en graisses saturées (principalement présentes dans la viande et les produits laitiers) stimulerait l'inflammation chronique. En outre, les graisses animales peuvent contenir des concentrations relativement élevées de substances hormonales perturbatrices comme les dioxines. Les études concernant l’effet des graisses saturées sur l’endométriose se contredisent : certaines montrent qu’elles en augmentent le risque, d’autre ne mettent en évidence aucun lien.

La consommation totale de graisse n’aurait pas non plus d’influence sur l’endométriose, pas plus que la présence éventuelle de très petites quantités de perturbateurs endocriniens.

Conclusion : les graisses saturées sont malsaines pour diverses raisons (problèmes cardiovasculaires, cancer…), mais leur influence sur l’endométriose n’est pas démontrée.

3° - Moins de viande rouge ?

La viande rouge contient une quantité assez élevée d’acides gras saturés et d’acide arachidonique (un acide gras), qui pourraient stimuler la réaction inflammatoire. En outre, ils auraient également un effet sur le système hormonal. Quant à l’endométriose, les études se contredisent : une étude italienne de 2004 est arrivée à la conclusion que le risque d’endométriose augmente chez les femmes qui mangent 4 fois par semaine de la viande rouge ou transformée. Une étude américaine de 2012 n’a quant à elle constaté aucune augmentation de ce risque.

4° - Moins de lait et de beurre ?

Le lait et le beurre contiennent une quantité relativement importante de graisses saturées. En outre, les produits laitiers (surtout à base de lait entier) contiennent des perturbateurs endocriniens (comme la dioxine) et une très petite quantité d’oestrogènes. Tous ces facteurs peuvent augmenter le risque d’endométriose. D’autre part, les produits laitiers sont relativement riches en vitamine D et en calcium, ce qui peut avoir un effet bénéfique sur certains processus hormonaux, notamment contre le risque d’endométriose. À l’inverse, une carence en vitamine D et en calcium pourrait augmenter ce risque.

Il n’y a pas de consensus scientifique sur l’effet des produits laitiers sur l’endométriose : certaines recherches ont mis en évidence une légère augmentation du risque, d’autres n’ont trouvé aucun lien, tandis que d’autres encore ont conclu à une diminution du risque. Selon une étude américaine récente, les femmes qui consomment trois produits laitiers par jour courent presque 25% de risques en moins que celles qui n’en consomment qu’un.

Conclusion : sur base de la recherche actuelle, il est impossible de recommander ou de déconseiller les produits laitiers dans le cadre d’une prévention de l’endométriose. Et s’il y a un effet, il est vraisemblablement relativement faible.

5° - Plus d’acides gras oméga-3 ?

Les oméga-3 (qu’on trouve dans les poissons gras, les huiles de ces poissons, les noix, les graines de lin...) peuvent inhiber certains mécanismes inflammatoires. Par contre, les poissons gras contiennent une quantité relativement importante de PCB, ce qui peut avoir un effet négatif.

Certaines études suggèrent qu’une augmentation (durable) de la consommation d’oméga-3 réduit le risque d’endométriose et diminue la sévérité des symptômes. Une recherche a même constaté une diminution du risque de moitié si la consommation d’oméga-3 est doublée en remplacement d’autres graisses. D’autres études n’ont cependant rien démontré de tel.

Conclusion : sur base de la recherche actuelle, il n’y a aucune raison de manger moins ou plus de poisson. Les femmes atteintes d’endométriose peuvent donc suivre en toute sécurité la recommandation générale qui conseille de manger du poisson deux ou trois fois par semaine, dont une fois du poisson gras.

6° - Moins de sucre ?

Le sucre augmente la glycémie et donc la quantité d’insuline. Cela a un effet sur l’équilibre hormonal : trop d’oestrogènes sont produits. Bien qu’en théorie le sucre pourrait avoir un effet sur l’endométriose, il n’y a aucune recherche qui en atteste.

7° - Plus de fibres alimentaires ?

Diverses études ont constaté une influence d’une alimentation riche en fibres sur l’endométriose : elle diminuerait en effet la concentration d’oestrogènes et donc le risque d’endométriose. D'autres études n’ont cependant pas démontré cette action.

Conclusion : même si leur effet sur l’endométriose est incertain, les fibres présentent de nombreux avantages pour la santé.

8° - Plus ou moins de grains ?

Les grains entiers et raffinés augmentent la concentration d’oestrogènes et d’insuline, ce qui stimulerait la croissance des cellules de l’endomètre. Il n’est pas du tout certain que cela aggrave les symptômes de l’endométriose. La plupart des recherches n’ont rien donné à ce sujet.

9° - Plus de fruits et de légumes ?

Les fruits et les légumes sont riches en antioxydants et en nutriments (vitamines, minéraux, polyphénols…), qui pourraient avoir un effet bénéfique sur l’endométriose.

Plusieurs études montrent qu’une femme qui mange beaucoup de légumes (verts) et de fruits frais court moins de risque d’endométriose. D’autres études n’ont trouvé aucun lien, voire même une augmentation du risque avec les fruits. Ceci pourrait s’expliquer par la présence de résidus de pesticides sur les fruits, ce qui augmenterait le risque d’endométriose.

10° - Moins de gluten ?

Le gluten est un groupe complexe de protéines qui sont naturellement présentes dans certaines céréales (blé, seigle, orge, épeautre, kamut). On en trouve donc principalement dans les produits à base de céréales comme le pain, les pâtes, les gâteaux, la chapelure, etc. En outre, il est fréquemment présent dans les soupes, les sauces, les substituts de viande, les mélanges d’épices, les bonbons... Si on en croit une série de publications, le gluten serait responsable de nombreux maux, dont l’endométriose.

Il y a peut-être un lien entre la maladie coeliaque (hypersensibilité au gluten) et l’endométriose, mais à ce jour aucune preuve ne l'atteste. Seule une étude postule qu’un régime sans gluten serait bénéfique contre l’endométriose, mais elle ne concerne que les douleurs causées par l’endométriose, pas la maladie elle-même.

11° - Moins de soja ?

Le soja contient des substances oestrogéniques, qui pourraient aggraver l’endométriose. Mais il n’y a cependant à ce jour aucune certitude concernant le lien entre le soja et l’endométriose et certaines études montrent plutôt un effet bénéfique du soja sur les symptômes de la maladie.

12. Moins de café ?

Des recommandations alimentaires liées à l’endométriose déconseillent le café (et plus globalement la caféine). Elles s’appuient en général sur la prétendue relation entre le café et la fertilité (réduite) : le café affecterait certaines hormones. Cependant, un article scientifique publié en 2014 dans l’European Journal of Nutrition conclut qu’il n’y a pas le moindre lien entre la caféine et le risque d’endométriose ou sa gravité.

13° - Moins d’alcool ?

Selon certaines recherches, une consommation importante d’alcool (10 verres par semaine ou plus) augmenterait le risque d’endométriose et en aggraverait les symptômes. D’autres études ne montrent aucun lien entre les deux.

14° - Plus de vitamines ?

Diverses études montrent que les femmes qui adoptent une alimentation riche en antioxydants tels que les vitamines A, B, C et E courent moins de risque d’endométriose, tandis que celles qui présentent une carence en vitamines s'exposeraient davantage. Une alimentation riche en vitamines soulagerait également les symptômes de la maladie. Par contre, cet effet n’a pas été prouvé avec des compléments de vitamines. Une étude suggère que les vitamines C et E diminueraient légèrement la douleur, mais la plupart des recherches la contredisent. Concernant la vitamine D, les conclusions de la recherche se contredisent également.

15° - Éviter les agents conservateurs ?

Il n’exise aucune preuve d’un lien entre les colorants et conservateurs (numéros E) et l’endométriose.

Quelle conclusion ?

Notre régime alimentaire peut jouer un rôle limité dans l’apparition et la sévrérité de l’endométriose. Jusqu’à présent, il n’y a cependant que peu de recherches concluantes à ce sujet.

Que peut-on néanmoins avancer ?

1. Les produits et composants alimentaires suivants pourraient augmenter le risque d’endométriose et en aggraver les symptômes.

• acides gras trans

2. Les produits et composants alimentaires suivants pourraient diminuer le risque d’endométriose et en atténuer les symptômes.

• oméga-3
• fruits et légumes

3. Les aliments et composants alimentaires suivant n’ont vraisemblablement aucun effet sur l’apparition et la gravité de l’endométriose.

• graisses insaturées
• suppléments de vitamines
• gluten
• grains
• sucres (glucides)
• café et autres produits caféinés
• colorants (numéros E)

4. Concernant les aliments et composants alimentaires suivants, aucune conclusion ne peut être tirée dans un sens ou dans l'autre.

• graisses saturées
• viande rouge
• produits laitiers
• soja
• fibres alimentaires
• alcool

Voir aussi l'article : Vidéo - Que faut-il savoir sur l'endométriose ?


publié le : 05/05/2017 , mis à jour le 04/05/2017

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